Incipit

A l'approche de mes 30 ans, je cèderais volontiers à la tentation de l'examen intime de mon moi, en quête d'une auto-thérapie salutaire. Mais l'exercice serait un peu vain et mégalo. Pour qu'il puisse s'adresser à vous tous aussi, je souhaite transférer les enjeux de mon questionnement personnel à notre contexte actuel global.
Entre le rêve et l'échec, ou quand, en politique comme en amour, la déception semble être l'inévitable issue...
Rassurez-vous, pas de pessimisme absolu en guise de ligne éditoriale, mais plutôt des variations autour des thèmes suivants : dépit / renouveau / trentenaire / conscience politique / résignation / colère / écologie / révolte / rock / partage / émotion / sourire / échec / (re)construction…
Affichage des articles dont le libellé est Développement durable. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Développement durable. Afficher tous les articles

lundi 21 juillet 2014

(R) évolution des colibris : étape 5 (l’énergie)

Le mythe de l’énergie illimitée s’achève. L’heure est à la sobriété, à l’efficacité, et au développement des énergies renouvelables. Dans le cadre du dernier volet de la (R)évolution consacré à l'énergie, Colibris propose 5 actions citoyennes qui participent à impulser un courant... alternatif !

Dossier entièrement extrait du site internet www.colibris-lemouvement.org. J’ai mis sur ce billet uniquement les développements des points 1 et 3. Le complément d’infos lié autres points est disponible sur le site des Colibris.


1. Je choisis un fournisseur indépendant  d'énergie

100% renouvelable, sans énergie fossile ni nucléaire. (R)évolutionner l'énergie, ça commence par changer d'électricité !


Suite à l’ouverture en France du marché de l'électricité à la concurrence en 2004, EDF n’a plus le monopole de la fourniture d’électricité. Un des nouveaux venus sur le marché, Enercoop, propose une électricité 100% renouvelable, sans énergie fossile ni nucléaire. (R)évolutionner l'énergie, ça commence par changer d'électricité !
Enercoop a été créée sous forme de Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC), avec pour objectifs de promouvoir les énergies renouvelables, défendre la maîtrise de la consommation d'énergie, et décentraliser la production. La quasi totalité des bénéfices est réinvestie dans de nouveaux moyens de production.


Il y a actuellement 55 producteurs, répartis entre l’hydraulique, l’éolien, le photovoltaïque, et le biogaz.
Si les tarifs d’EDF sont sensiblement moins élevés (0,13€/kWh contre 0,16€/kWh chez Enercoop), c’est parce que l’opérateur historique est subventionné par une taxe, la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité). Mais cette différence de prix devrait s’estomper dans les années à venir, et s’harmoniser sur le marché européen (entre 0,16€ et 0,17€).

Plus d’infos : www.enercoop.fr


2. J’éco-habite

Choisir un habitat collectif, groupé, ou partagé, c’est adopter un mode de vie plus sobre et... plus convivial ! #Ecoquartier, #Gaspillage, #EfficacitéEnergètique
Paragraphe développé ici !



3. Je réduis ma consommation de viande

L'élevage animal représente un gouffre énergétique. Manger moins de viande est un acte politique !

Produire de la viande pour nous nourrir coûte très cher sur le plan environnemental et sanitaire. Au regard de l’accroissement de la population et de l’épuisement des ressources fossiles, il semble impératif de faire évoluer nos habitudes alimentaires.
Actuellement, un français consomme en moyenne 1,5kg de viande par semaine, aux grands regrets des nutritionnistes qui préconisent une consommation de 500g par semaine. Manger trop de viande engendre des répercussions néfastes sur la santé, parmi lesquelles des troubles cardio-vasculaires, de multiples cancers et de l’obésité. Ce mode de vie n’épargne guère l’équilibre des écosystèmes puisque les écologistes déplorent des déforestations massives en Amérique Latine, des conflits d’usage des terres (selon le WWF, 1kg de viande nécessite 323m2 de terre) et de l’eau (produire 1kg de boeuf nécessite plus de 15 000 litres d'eau), des pollutions dues aux effluents d’élevages, ainsi que des émissions de gaz à effet de serre (1 kg de viande serait responsable de l’émission de 34,2kg d’équivalent CO2). A cet égard, selon un récent rapport de la FAO, l’élevage était responsable de 15% des émissions annuelles de GES dans le monde en 2013. De même, dans son rapport “Les spéculateurs de la faim”, l’ONG Foodwatch dénonce la spéculation sur les denrées alimentaires qui règne sur les marchés financiers et l’atteinte portée à la sécurité alimentaire des pays du Sud.

Sur l’aspect énergétique spécifiquement, la production de viande est gourmande en énergie, en raison du transport, de l’électricité nécessaire pour le chauffage des bâtiments et la production dans son ensemble. Il est important de souligner que la production d’1 kg de viande de boeuf nécessite 7 kg à 10 kg de végétaux. Il faut donc démultiplier les dépenses énergétiques afférentes : engrais et pesticides de synthèse, tracteurs, transport… L’alimentation du bétail représente, dans le monde, 70 % des surfaces agricoles ! Au détriment de l’alimentation humaine...

 Plus d’info :
 - “Manger plus végétarien”, sur le site de Colibris
 - “Manger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé”, sur notre-planete.info.
 - “Les spéculateurs de la faim”, rapport Foodwatch 2011.
 - “L’impact de la viande sur les humains, les animaux, et la planète”, sur le site Viande.info.



4. J'investis mon épargne dans la transition énergétique

Investir en faveur du développement des énergies renouvelables, c'est favoriser la multiplication des productions locales !
Paragraphe développé ici !



5. Je participe à l'élaboration d'un plan de descente énergétique sur mon territoire

Première étape : initier un collectif de citoyens pour agir ensemble !
Paragraphe développé ici !

lundi 10 juin 2013

(R) évolution des colibris : étape 2


Nous sommes nombreux à vouloir construire une société véritablement écologique et humaine. Dont la priorité est notre épanouissement collectif sur cette planète. Qui prenne soin de la nature et des animaux.
Nous sommes encore plus nombreux à savoir que si nous poursuivons dans la voie actuelle, les conséquences seront catastrophiques.
La plupart des responsables politiques, des organisations internationales, des collectivités locales, des entreprises grandes ou petites, des citoyens le savent. Le GIEC, l'ONU, la Banque Mondiale même, ainsi que bon nombre de chefs d’Etats le disent, les journalistes l’écrivent…

Pourtant, aucune décision, politique ou économique, réellement courageuse, véritablement en adéquation avec la gravité de la situation, n’est prise.
Le mouvement des Colibris a un plan pour faire bouger les lignes : reprendre le pouvoir sur l’économie, l’agriculture, l’éducation, la démocratie, l’énergie, dès 2013. Pour construire une société nouvelle, réellement soutenable et épanouissante pour tous.

Comme nous avions commencé à le faire en janvier 2013, nous continuons à dérouler ici ce plan en 5 axes. La 1ère étape avait consisté à relocaliser l'économie. Depuis quelques semaines, les Colibris creusent le 2ème sillon :

La (R)évolution de l'agriculture : Planter ce que nous mangeons.

Consommation excessive de pétrole, pollution, usage massif de produits phytosanitaires, standardisation de la production, appauvrissement des terres nourricières, disparition des paysans… Les conséquences de l’agriculture actuelle sont lourdes. Elles sont détaillées sur ce lien. Mais comme le Colibri est volontaire et optimiste par nature, il suggère à la suite de ces fléaux les solutions existantes.

A notre échelle de citoyens lambda mais concernés, le mouvement nous offre 5 possibilités d'actions pour participer concrètement à la (R)évolution :

1.  Planter avec les Incroyables Comestibles
Transformons nos territoires en immense potager avec les Incroyables Comestibles !
Une démarche collective de jardinage !

2.  Je mange bio, local et de saison
Favoriser le local, respecter les principes de l’agroécologie, constitue aujourd’hui une garantie d’alimentation plus saine et plus équilibrée. En décidant de consommer des produits bio, locaux et de saison, vous faites donc un double-choix positif : celui de privilégier votre santé tout en luttant contre l'appauvrissement des terres.

3.  Je cultive un potager agroécologique comestible
Jardins privés ou partagés, tout le monde peut s’engager dans la culture d’un petit potager ! #Association Kokopelli

4.  Je crée des circuits courts de distribution
Changer notre rapport à la production et à la consommation implique une dernière révision de taille : celle des modes de distribution et d’approvisionnement. Une alimentation commercialisée en circuit-court, c’est l’assurance d’une production locale et d’une consommation responsable, respectueuse de l’environnement. #AMAP

5.  J’investis dans une Foncière
Pour voir renaître une agriculture de proximité, il faut pouvoir cultiver localement ! C’est pourquoi la propriété foncière est un outil essentiel au développement serein d’une agriculture paysanne. L’enjeu est de pouvoir assurer aux paysans un accès aux terres agricoles. #Terredeliens




 

Aujourd’hui, nous avons le pouvoir d’inverser la tendance ! Faisons le choix d’une production agricole biologique et locale, respectueuse de la nature et des humains !

Prochain post sur le même thème : Octobre, le plan Education

mardi 26 février 2013

Semaine pour les alternatives aux pesticides

Du 20 au 30 mars se tiendra la 8ème édition de la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides !

La SAP (oui, l'époque est aux abréviations à tout va, je m'adapte) est une opération nationale et internationale annuelle, ouverte à tous. Elle vise à informer sur les impacts des pesticides de synthèse sur l’environnement et la santé, et à promouvoir les alternatives.

La France, championne des pesticides et mauvaise élève pour les alternatives…

Les raisons de se mobiliser sur le sujet, hélas,  ne manquent pas : 

  • La France est le 1er pays européen utilisateur de pesticides et le 3ème au monde
  • La consommation de pesticides a augmenté de 2,6% depuis 2008, malgré le plan Ecophyto 2018 qui prévoit une diminution de 50% de pesticides d’ici 2018
  • 96% des cours d’eau sont pollués
  • Plus de 50% des fruits et légumes (non bio) contiennent des résidus de pesticides
  • L’épandage aérien est toujours pratiqué grâce aux nombreuses dérogations
  • La France est au 19ème rang européen pour sa production bio
  • Seulement 3,9% de la surface agricole française est en bio alors que le Grenelle de l’Environnement avait fixé l’objectif de 6% en 2012 et de 20% en 2020
Données : Générations Futures (www.semaine-sans-pesticides.fr)


 

En 2013, deux actualités fortes vont marquer l’évènement : 
  • La réforme de la Politique Agricole Commune
  • Les enjeux autour des perturbateurs endocriniens et la nécessité de proposer une définition de ces éléments dans le cadre de l’actuelle réglementation pesticides d’ici décembre 2013

Eu égard à ces enjeux, pendant les 10 premiers jours du printemps, période de reprise des épandages de pesticides, le public est invité à mieux s’informer sur les enjeux sanitaires et environnementaux des pesticides ainsi que sur les alternatives à travers des centaines de manifestations.

Tout le monde peut organiser des manifestations à son échelle : associations, agriculteurs, collectivités locales, entreprises (magasins, jardineries, restaurants…), établissements scolaires... Les points d’entrée sont multiples : la biodiversité, l’eau, l’alimentation, le jardin et les espaces verts, l’agriculture, la santé…

En 2012, plus de 750 évènements ont été organisés (500 en France et 250 dans 20 autres pays), permettant de sensibiliser 50 000 personnes.
La liste des événements, dont ceux près de chez vous, est accessible ici


Fermes ouvertes, visites pédagogiques, balades, ateliers jardinage, conférence : les possibilités sont nombreuses !

Le site Internet dédié propose un tour d'horizon sur les pesticides et leurs effets et apporte également un éclairage sur les alternatives possibles.

Voilà vous savez tout, à vos agendas !


mercredi 2 janvier 2013

(R) évolution des Colibris : étape 1

L'Utopie Destituée revêt ses habits d'oracle (l'optimisme doit être de mise pour la nouvelle année !) et prophétise à l'instar des Colibris une (R)évolution pour 2013 !

Le mouvement Colibris, dont nous avons déjà parlé ici ou , déjà initiateur en 2012 de la campagne "Tous candidats", continue son action pour inspirer, organiser et soutenir le changement de notre modèle de société par la participation de tous.

L'initiative s'articulera autour de 5 thématiques qui seront l'objet de 5 campagnes s'étalant de janvier 2013 à décembre 2014. 

Les développements qui suivent sont majoritairement issus du site des Colibris.

Février 2013 : "Localiser l'économie"
Avril 2013 :  "Planter ce que nous mangeons"
Septembre 2013 : "Révolutionner l'éducation"
Janvier 2014 : "Réinventer la démocratie"
Avril 2014 : "Economiser et produire de l'énergie (renouvelable)"

La 1ère étape c'est dès maintenant ! Localiser l'économie, suivant la démarche des économies locales vivantes présentée par Raphaël Souchier. Mais pourquoi ?


S'appuyant sur les travaux du réseau États-unien BALLE (Business Alliance for Local Living Economies bealocalist.org), on nous montre pourquoi l'économie doit s'enraciner quelque part et l'impact incroyable de l'achat local sur l'emploi, la circulation des richesses, l'augmentation des revenus des collectivités et des associations.

Consommer, et notamment manger local, c'est :

1. Garantir l’autonomie alimentaire, préserver les terres nourricières et l’activité des paysans à côté de chez soi
2. Sauvegarder la biodiversité agricole et la spécificité des terroirs
3. Encourager une économie locale et créer des emplois qui ont du sens
4. Réduire le transport des produits et minimiser les changements climatiques
5. Participer à une répartition équitable des richesses
6. Favoriser la qualité alimentaire et vivre en bonne santé


Plus de détails ici

Concrètement, il s'agirait de créer des réseaux d'entrepreneurs locaux : dès le mois de février, à Bordeaux, Lille, Toulouse, Paris, Montpellier, Rennes et Lyon, Raphaël Souchier et Colibris proposeront aux entrepreneurs, aux élus de collectivités et responsables du développement territorial, aux étudiants... des ateliers pour initier des réseaux de coopération locales et renforcer l’économie de chaque territoire.

D'autres actions sont possibles :

Changer de banque :
Certaines banques ne sont pas présentes dans les paradis fiscaux, ne paient pas de bonus extravagants, ne spéculent pas sur les marchés, investissent uniquement dans des projets d’économie sociale et solidaire..
Pour placer vos économies de manière plus éthique et responsable, optez pour la NEF ou le Crédit Coopératif. On peut même changer de banque en 5 clics ;-) avec ce site : jechangedebanque.org.

Organiser ou participer à un Carrotmob
En clair, des consommateurs envahissent un commerce afin de dégager un surplus de chiffre d’affaires pour le gérant. Celui-ci s’engage alors à réinvestir une partie des bénéfices réalisés dans la restructuration écologique de son établissement.
Détails à télécharger ici

Créer une monnaie locale





 

Agenda :
Lancement de la (R)évolution des Colibris avec une conférence publique à Paris le 30 janvier 2013, en présence de 5 personnalités qui présenteront le Plan des Colibris : "des trajectoires de transition dans les 5 grands thèmes abordés. Ces recommandations d'actions seront ensuite disponibles sur le web pour que tous ensemble, nous reprenions le pouvoir de nos vies et sur nos territoires".

Et pour vous prouver que ce genre de mobilisation, c'est "IN", un article sur un thème approchant, lu sur Rue89, à propos du livre de Bénédicte Manier : "Un million de révolutions tranquilles » (Éditions Les liens qui libèrent).

lundi 22 octobre 2012

La bibiothèque verte

Un post express pour présenter brièvement 2 ouvrages à lire ou / et à offrir… pour questionner et explorer les voies de lendemains meilleurs : plus écologistes et plus humains.
Bah oui maintenant qu'on a arrêté les beuveries, va bien falloir s'armer de sujets de conversation intelligents et intelligibles. Sinon, passer ses soirées entre amis à faire le poisson, ça peut être long ^^


Oui, l'écologie, c'est social !
Essai de Sandrine Rousseau, économiste, membre du bureau exécutif d'Europe Ecologie-Les Verts


Un luxe, l’écologie ? Un supplément d’âme quand tous les autres problèmes sont réglés ? Non ! Le projet écologiste est profondément social et générateur de plus d’égalité. Il apporte des réponses aux deux préoccupations majeures de la société : l’emploi et le pouvoir d’achat.

Non seulement une politique écologiste est source d’emplois nouveaux – et de meilleure qualité – mais elle favorise une articulation plus sereine entre travail et non-travail. Elle interroge également « le pouvoir d’acheter », et promeut un accès pour tous aux biens et services indispensables, tels que le logement, la santé, l’éducation, mais aussi les loisirs ou la culture, car le bien-être ne se mesure pas à l’aune de la seule consommation matérielle.

Loin de toute « régression », loin aussi des vieilles recettes inefficaces, ce livre dessine une société innovante et créative, plus juste et plus épanouissante.

ISBN 978-2-36383-013-5
Date de parution mars 2012
112 p., 5 euros 

 


Famine au Sud, malbouffe au Nord       
Marc Dufumier, ingénieur agronome, professeur émérite en agriculture comparée et développement agricole à l'AgroParistech. Expert auprès de la FAO et de la Banque mondiale.


Les folies de l'agriculture mondiale à l'épreuve d'une alternative crédible : l'agriculture biologique.
En 2050, les neuf milliards d'êtres humains qui peupleront la planète pourront se nourrir... grâce à l'agriculture biologique.
Celui qui l'affirme n'est pas un doux rêveur. C'est Marc Dufumier, un agronome de réputation mondiale qui a observé en France et dans le reste du monde le bon fonctionnement des systèmes agro-écologiques ; et les dysfonctionnements des systèmes « productivistes ». Famines, malbouffe, dégâts environnementaux, désertification des campagnes : tel est le bilan, désastreux, de nos systèmes agricoles exagérément spécialisés, mécanisés, « chimisés». 
Dans l'inconscient collectif, cette agriculture « moderne » reste pourtant la seule capable de nourrir la planète et de rémunérer correctement les paysans.
Mais ce livre prouve que cette croyance ne résiste pas à l'épreuve du terrain. L'agriculture «productiviste » est pour les paysans comme pour le consommateur un choix chaque jour plus risqué, tandis que la conversion à l'agro-écologie devient chaque jour plus raisonnable. Qualité des aliments, respect de l'environnement et - contrairement aux idées reçues - garantie voire amélioration des rendements : le bio n'est pas un caprice de bobo. C'est plus que jamais la voie d'avenir.
Si Marc Dufumier décide aujourd'hui de s'adresser au grand public c'est parce qu'il y a urgence : la mutation vers le bio prend du temps et les déséquilibres agricoles actuels vont aller en s'accentuant, avec des conséquences directes sur notre quotidien. Nous mangeons mal et abîmons nos campagnes parce que nos systèmes de production sont malsains. Nous subissons une forte pression migratoire aux frontières de l'Europe parce que le Sud n'arrive plus à fixer ses paysans dans les campagnes. Insécurité alimentaire, insécurité environnementale, insécurité géopolitique : il n'y a plus de temps à perdre pour remettre l'agriculture sur les bons rails.

ISBN : 2-84111-523-2
Date de parution février 2012
196 p., 18,25 euros


lundi 2 avril 2012

A l'ombre des déchets inertes

Dans notre société ultra consumériste, la question de la gestion des déchets de toutes sortes occupe de manière grandissante une place essentielle. Résidus nucléaires, emballages de la consommation courante, rejets chimiques dangereux, mais aussi déchets du BTP, dits déchets inertes. Une question à saisir au plus tôt, sans quoi nous finirons par littéralement crouler sous ces immondices.

Les déchets inertes sont principalement stockés en centre d’enfouissement technique ; dans d’autres cas, ils sont réutilisés comme matériau de remblai ou recyclés sous forme de granulats calibrés.
Une législation floue et largement contournée (corruption, centres d'enfouissement illégaux, contrôle insuffisant des déchets recueillis) permet des dérives graves dans ce domaine.

Premier exemple : le cas bien connu de la décharge illégale de Limeil-Brévannes (94). Depuis 2002 et jusqu'en 2010, une montagne s'était peu à peu élevée en voisinage des habitations : 150 000 m3 de déchets industriels, qui s'étendaient sur 25 m de haut et 200 m de long. A l'automne dernier le tas s'était enflammé. Les eaux ayant servi à circonscrire les départs de feu, chargé de sulfure d'hydrogène, potentiellement mortel, s'étaient répandues dans les sols.
Aujourd'hui presque rase, la "montagne" aurait coûté 14 millions d'Euros à l’État pour son déblaiement. Au total, 900 m3 d’ordures amiantées, ont été trouvées.
Un bilan de l'affaire sous forme d'un communiqué de l'association France Nature Environnement à lire ici.

Autre exemple où la légalité et la responsabilité sont bafouées : dans le Sud-Est de la France, en particulier dans le Var, des vallées entières sont comblées de gravats parmi lesquels se mêlent plastique, bidons d’huile, etc…, déchargés par des défilés de camions en provenance des chantiers BTP alentours.
Les entreprises pollueuses s’exonèrent de leur obligation de passer par des centres de traitement officiels, car les décharges non déclarées leur permettent d’énormes économies, et un contrôle inexistant du contenu rejeté. Les propriétaires des terrains profitent eux d’une impressionnante manne financière en monnayant leur « service ». Dans le but éventuel de rendre constructibles des terrains non constructibles, une fois « aplanis ». Tout cela couvert par des maires complaisants.
Les incidences sont évidentes : glissements de terrain, coulées de boue, transfert des détritus vers des zones protégés, contamination des sols et des eaux, paysages massacrés…
Sur ce thème, voir le documentaire de Jennifer Deschamps : « BTP, le scandale des décharges illégales » (extrait via le lien ci-dessus).

Le respect des procédés légaux en vigueur n’empêche pas la dégradation de l’environnement. La Seine et Marne et le Val de Marne voient leurs paysages se parsemer de véritables terrils constitués des déchets issus du BTP. Ces départements collectent à eux seuls quasiment tous les déchets destinés à l'enfouissement en provenance d'Île de France. 38 installations de stockage des déchets non dangereux (centres d’enfouissement technique de classe II) y sont déjà répertoriées (données Cour des Comptes), et d'autres demandes sont en cours.
Il est hallucinant que notre mode de vie nous conduise à modifier profondément les reliefs qui nous entourent !

Source : Bakchich.info, leparisien.fr, usinenouvelle.com, lemoniteur.fr, lefigaro.fr.

Plus généralement sur la thématique consommation / gaspillage / pollution, voir le reportage « Prêt à jeter », diffusé sur Arte en janvier et visible en entier via l'incrustation Youtube ci-dessous. Évocation passionnante autant que désolante de la notion d’obsolescence programmée, et de ces incidences en terme de gestion des déchets à l’échelle mondiale.

samedi 3 mars 2012

Réorienter d'urgence l'agriculture française

L'Utopie Destituée partage aujourd'hui une tribune parue sur LeMonde.fr le 24 février dernier, demandant une réorientation de la politique agricole française
Les signataires sont 30 personnalités représentantes d'ONG et d'associations rurales, environnementales et internationales.

"Les candidates et les candidats à l'élection présidentielle de 2012 ne peuvent ignorer le rôle central de l'agriculture dans les crises et les espoirs de notre époque. A l'approche du Salon de l'agriculture, cette question doit être abordée clairement.

Les crises sociales, environnementales, sanitaires et économiques que traverse notre société sont connues, mais leur dimension alimentaire et agricole n'est pas toujours mise en lumière : effets dramatiques et désormais irréfutables des pesticides dans la progression de nombreuses maladies (cancers, maladies neurodégénératives et auto-immunes, allergies, etc.), atteintes à l'environnement (destruction des paysages, pollution des eaux dont le coût de traitement risque d'exploser, érosion, appauvrissement des sols) et en particulier à la biodiversité dont les abeilles sont un témoin alarmant, contribution majeure de l'agriculture industrielle à l'effet de serre, déstructuration du tissu rural en France et en Europe, paupérisation des paysanneries au Nord comme au Sud, pénuries alimentaires apparentes (dues aux problèmes d'accès à la nourriture)…

Des décisions récentes risquent de renforcer les dégâts de cette agriculture déshumanisée : la loi sur les obtentions végétales votée en novembre 2011 interdit aux paysans de re-semer leur récolte et va renforcer la mainmise des multinationales sur les choix agricoles ; la modification des règles d'épandage de l'azote va augmenter les rejets des élevages hors-sols dans l'environnement des zones dites "sensibles" ; l'annulation de la "clause de sauvegarde" française sur les OGM et le délais pris avant l'adoption d'une nouvelle interdiction mettent directement en danger la production de miel en raison des contaminations prévisibles du pollen.

Pourtant, l'agriculture peut également être porteuse d'espoirs, à condition de changer en profondeur notre politique agricole, qui n'est actuellement ni durable, ni efficiente.

Les techniques alternatives de production agricole et de transformation alimentaire, et en particulier celles issues de l'agriculture biologique, prouvent chaque jour leur pertinence agronomique, économique, sociale et environnementale à l'échelle mondiale. Elles créent ou maintiennent des emplois ruraux, préservent les ressources en eau et la biodiversité, réduisent la dépendance énergétique des exploitations et réconcilient les cycles du carbone et de l'azote, évitent la dissémination de substances toxiques dans l'environnement et les aliments, remodèlent des paysages cohérents, ré-ancrent les entreprises agro-alimentaires dans les territoires, permettent aux populations de disposer de ressources alimentaires locales et accessibles (tant dans les pays du Nord que du Sud)…

Une agriculture biologique, paysanne et insérée dans un tissu économique local peut parfaitement nourrir l'humanité – et elle le fera sans détruire les moyens de production que sont la terre, l'eau, les semences et les humains. Il n'y aura pas de durabilité agricole sans durabilité environnementale. Par ailleurs, des initiatives citoyennes comme les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou Terre de liens témoignent à la fois de l'inventivité maintenue de l'agriculture française, et de la volonté des citoyens de s'impliquer dans son évolution. Plus de 40 000 d'entre eux ont pu le démontrer récemment en participant aux campagnes de mobilisation "Osons la bio !" et "Développons l'agriculture biologique".

Il n'est plus concevable de nier qu'une autre agriculture est possible, et il est temps pour les élu(e)s et pour les candidat(e)s aux élections de prendre conscience de la volonté des citoyens de se réapproprier collectivement les politiques agricoles, alimentaires et rurales, dans un objectif de souveraineté alimentaire, de respect du vivant et de vitalité des territoires. Pour paraphraser Clémenceau, "l'agriculture est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls agriculteurs et à l'agro-industrie".

Nous, organisations agricoles et rurales, associations de solidarité internationale, mouvements de l'éducation populaire, organisations de défense de l'environnement ou de la santé, réseaux de citoyens, demandons instamment aux candidats de s'engager à :

  •     réformer en profondeur la gouvernance de l'agriculture, afin que la société civile soit enfin associée à toutes les instances de décision agricole (CDOA, SAFER, Chambres d'Agriculture, etc.) ;
  •     mettre en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre impérativement 20 % d'agriculture biologique en 2020 : formations agricoles, recherche agronomique, accompagnement technique, financier et humain des paysans en conversion vers la bio, soutien aux filières bio en construction, etc. ;
  •     préparer la transition technique de l'ensemble des agriculteurs, notamment en réduisant de 50 % l'usage des produits phytosanitaires et en interdisant les plus polluants et rémanents ;
  •     faire de l'installation une priorité absolue face à l'actuel agrandissement continu des exploitations agricoles françaises, qui empêche les transmissions et met en danger le renouvellement des générations ;
  •     abroger la loi sur les semences du 28 novembre 2011 et la remplacer par une législation qui reconnaisse le rôle des paysans dans la sélection évolutive et conservatrice ;
  •     prendre toutes les mesures pour interdire les OGM sur le territoire français, de façon à protéger les pollinisateurs, les semences paysannes et les consommateurs ;
  •     défendre résolument une Politique Agricole Commune verte et solidaire, où toutes les aides inciteront au respect de l'environnement (avec des montants progressifs en fonction des pratiques) et à l'emploi agricole, et ne favoriseront pas des exportations portant préjudice aux paysans du Sud ;
  •     consacrer une part importante de "l'aide publique au développement" au soutien à l'agriculture familiale et biologique des pays du Sud ;
  •     créer, maintenir et renforcer des outils de gestion et de régulation des marchés agricoles, et lutter activement contre la spéculation sur les produits agricoles et alimentaires.
Les outils et dispositifs qui permettront d'atteindre 20 % des surfaces françaises en agriculture biologique sont les mêmes que ceux qui aideront l'ensemble des agriculteurs français à évoluer vers une meilleure intégration de l'environnement et de l'emploi rural… et qui aideront les paysanneries des pays en développement à construire leur nécessaire et urgente souveraineté alimentaire.

Mesdames les candidates, messieurs les candidats, à vous de choisir : maintenir une politique agricole archaïque et néfaste à l'environnement, à la santé et au tissu rural (en France comme dans les pays du Sud), ou faire le choix de l'agriculture du XXIe siècle."


Jacques Caplat (Agir pour l'environnement) ; Pierre Rabhi (paysan et écrivain) ; Jean-Jacques Boutrou (directeur général d'Agronomes et vétérinaires sans frontières) ; Marie-Paule Jammet et Jean Huet (co-présidents de la fédération Artisans du monde) ; Hugues Toussaint (président de Bio consom'acteurs) ; Bob Brac de la Perrière (coordinateur de BEDE) ; Xavier Bonvoisin (président de Chrétiens dans le monde rural) ; Cyril Dion (coordinateur du mouvement Colibris) ; Yves Berthelot (président du Comité français pour la solidarité internationale) ; Philippe Colin (porte-parole de la Confédération paysanne) ; Jo Hervé (président d'Eau et rivières de Bretagne) ; Jacques Maret (association Ecologie, démocratie, développement durable) ; Xavier Poux (administrateur de l'European Forum on Nature Conservation and Pastoralism) ; Dominique Marion (président de la Fédération nationale d'agriculture biologique) ; Didier Lorioux (président de la FNCIVAM) ; Yann Arthus-Bertrand (président de la Fondation GoodPlanet) ; François Veillerette (porte-parole de Générations futures) ; Allain Bougrain-Dubourg (président de la Ligue pour la protection des oiseaux) ; Jean-Michel Florin (coordinateur du Mouvement de l'agriculture biodynamique) ; Jérôme Dehondt (porte-parole du Mouvement interrégional des AMAP) ; Richard Marietta (président de Nature & Progrès) ; Jean-Paul Sornay (président de Peuples solidaires / Action Aid) ; Sandrine Mathy (présidente du Réseau action climat – France) ; Jacques Morineau (président du Réseau agriculture durable) ; Claude Gruffat (président du réseau Biocoop) ; Armina Knibbe (présidente du réseau Cohérence) ; Patrick de Kochko (coordinateur du Réseau semences paysannes) ; Jacques Berthelot (association Solidarité) ; Sjoerd Wartena (président de Terre de liens) ; Olivier Belval (président de l'Union nationale de l'apiculture française) ; Isabelle Autissier et Serge Orru (présidente et directeur général du WWF-France).

lundi 30 janvier 2012

Goûtons un monde meilleur

La question de l'alimentation est l'un des sujets récurrents de ce blog, et à raison : il s'agit d'un enjeu central du mode de fonctionnement durable et responsable qu'il est nécessaire d'adopter à court terme pour sauvegarder notre environnement, notre santé et notre qualité de vie.
A ce titre, L'Utopie Destituée relaye la mise en place d'une plateforme d'information et d'échange liée à ce thème : Goûtons un monde meilleur.

 
Cinq partenaires s'allient pour une même cause : promouvoir une alimentation respectueuse de la nature et des hommes. Une campagne nationale a été lancée en novembre dernier autour de WWF France, CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale), Max Havelaar France, Slow Food, et RES (Réseau Environnement Santé). 

Le site internet qui résulte de cette initiative, www.goutons-un-monde-meilleur.fr, donne accès à de multiples informations intéressantes sur les principes de base d’une alimentation responsable et à des solutions concrètes et faciles pour y parvenir : consommer local et équitable, acheter de saison et bio, diversifier ses repas, ajuster ses apports en protéines, réduire le gaspillage et décrypter les étiquettes.
Un conso-guide, Mieux manger en 6 gestes, est même téléchargeable à la rubrique Agir.

Go, on clique !

lundi 23 janvier 2012

Cap vers l'Humanisme !

Amis, l'heure est au changement ! Pour rompre avec l'égoïsme, l'urgence, la cupidité, qui mènent notre société dans le mur, je me fais l'apôtre de l'apaisement : il faut ériger en doctrine absolue la bienveillance, l'optimisme, l'altruisme.
 
Ces derniers mois j'ai redécouvert, ou découvert tout court d'ailleurs, le pouvoir de la gentillesse. Souriez aux gens, ils vous renverront ce sourire. Affichez la bonne humeur sur vos traits, elle se répandra indubitablement. Donnez à la vie, elle vous le rendra. Essayez, c'est assez fabuleux comme l'effet est perceptible, comme il vous rend heureux, et les autres autour de vous.

 
Il ne s'agit pas d'être naïf, benêt. Il s'agit de transformer la connotation habituellement négative des valeurs de combat et de compétition du monde moderne libéral en connotation positive. En faire des outils pour atteindre la justice, l'équilibre, la sérénité. Lutter pour que l'Espoir demeure.

 
Étendu à tous les aspects de notre vie (économique, social, environnemental, culturel, éducatif), cet idéal nous permettra de réduire les inégalités, préserver notre cadre de vie, vivre mieux les uns avec les autres, être plus riche de nos différences, avancer en accord avec nos aspirations profondes, évoluer en symbiose et non plus déconnectés de la terre, de l'eau et de l'air dont nous sommes les héritiers.

 
Un apôtre a son prophète : écoutez les propos de Pierre Rabhi, déjà évoqué ici. Ils sont simples, ils vont droit au but. Et ils sont enveloppés de douceur. Amis, instituons la douceur en figure de proue. Elle nous mènera loin, mieux et plus longtemps.



mardi 13 décembre 2011

Des somnambules vers la catastrophe

L'Utopie Destituée partage aujourd'hui un long entretien du philosophe et sociologue Edgar Morin par Terra eco, le bimédia francophone du développement durable, mêlant questions économiques, sociétales et environnementales, bref les mêmes qui traversent ce blog ! Une synthèse très intéressante des enjeux actuels, notamment la domination du sentiment d'urgence et la dérive funeste du capitalisme.
Le lien direct de l'entretien vers le site à suivre ici.

"Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?
La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Source : express.be
Cela est-il donc si nouveau ?
Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve « après la pluie ». Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil. Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

 
Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ?
En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : « La voiture nous ralentit beaucoup. » Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

 
Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?
Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

 
Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?
Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. C’est le sens du mouvement slow food dont est née l’idée de « slow life », de « slow time » et même de « slow science ». Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un « grand » article dans une « grande » revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme, par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue Le droit à la paresse (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

 
Pourquoi ?
Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

 
A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ?
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. Par la soif incessante de « nouveau » qu’il promeut grâce à la publicité… Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ? Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…

Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. Elle incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde, mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

 
Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…
Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

 
Par obsession, vous entendez croissance ?
Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

 
Décélération signifierait décroissance ?
Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

 
La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?
Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

 
Le politique n’est-il pas tout de même censé « prendre le temps de la réflexion » ?
On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de « U » pour « urgent ». Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les « TTU ». Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.
 

Michel Rocard déplorait il y a peu pour « Terra eco » la disparition de la vision à long terme…
Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le « long terme », je l’intitule « problème de fond », « question vitale ». Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

 
Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?
Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre.

 
Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ?
Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

 
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

 
La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…
Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?
Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

 
Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse ?
Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

 
Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?
Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

 
Nous sommes déjà dans un processus de réformes…
Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires.

 
Vous appelez cette démarche « le bien-vivre ». L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez.
L’idéal de la société occidentale – « bien-être » – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. Et bien que ce mot « bien-être » soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de « bien-vivre », reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression « bien vivir » est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est « actif » dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre."

mardi 6 décembre 2011

E-graine

Parce qu'il est primordial d'éveiller la conscience des enfants au plus tôt vis-à-vis des enjeux environnementaux, afin d'en faire des éco-citoyens responsables, il faut des initiatives comme celle que je relaye ici : l'association e-graine.

Le projet d’e-graine est de faire “naître et grandir l'initiative solidaire et responsable” par la mise en place d’une éducation au développement durable pour tous.
A l’origine :
Tout commence en 2006, d’un double constat :
- Le milieu associatif était trop cloisonné
- Beaucoup d’initiatives isolées, peu connues du grand public

Notre mission :
Venant d’horizons divers – monde de la solidarité, système éducatif, secteur informatique, commerce… – nous avons pour vocation première d’éduquer au développement durable en donnant à tous l’envie et les moyens d’adopter une attitude sociale, responsable, solidaire et civique par la diffusion d’un message positif, ouvert et constructif.

Une autre définition du développement durable :
Nous concevons le développement durable comme un modèle socio-économique  qui agit pour la préservation des ressources naturelles tout en permettant à chaque homme de répondre à ses besoins vitaux. La finalité de ce modèle étant de permettre un épanouissement humain durable à l’échelle internationale.

Qu’entend-on par « éduquer au développement durable » ?
Pour nous, éduquer au développement durable, c’est avant tout éduquer à la pensée complexe et non pas multiplier les éco-gestes sans susciter de réflexion. Il s’agit d’une éducation aux choix et non pas un enseignement des choix. Le choix doit être fondé sur la connaissance, la raison, l’esprit critique, le débat et l’engagement individuel et collectif. L’éducation se fait tout au long de la vie. Nous nous adressons donc aussi bien aux enfants qu’aux adultes et mettons un point d’honneur à  rendre les « apprenants » acteurs de leur apprentissage.

Outil pour « penser globalement et agir localement », l’association structure ses actions pédagogiques en 3 temps :
1. Sensibiliser différents publics aux enjeux majeurs de notre société.
2. Inciter à réfléchir sur certains gestes de la vie quotidienne, en vue de favoriser des changements d’attitudes et de comportements.
3. Donner l’envie et les moyens d’agir concrètement sur son cadre de vie en relayant des initiatives existantes.

Trois axes d'action :
Pour pouvoir s’adresser au plus grand nombre e-graine a développé trois projets: des interventions directes auprès du grand public, une série pédagogique sur le développement durable et un portail multimédia.
  • La réalisation d’actions de terrain lors desquelles nous mettons en place des activités mêlant une pédagogie active et une approche ludique des thèmes. Ces actions peuvent être ponctuelles ( mardis d’e-grainestands animés) ou plus pérennes à travers nos ateliers éducatifs.
  • La réalisation et la diffusion des mallettes pédagogiques multimédias pour les éducateurs et les instituteurs. La série “le développement durable et moi” propose des outils complets qui ont pour  objectif d’accompagner les acteurs éducatifs dans la mise en place de projets avec les jeunes. 
  • La mise en ligne d’un portail multimédias, kiagi.org, réalisé en partenariat avec les acteurs de l'économie sociale et solidaire. Sur celui-ci vous trouverez les dessins animés de la famille kiagi, des initiatives  présentées en vidéos et une multitude d’outils multimédias pour vous  donner des moyens concrets de vous engager dans une démarche solidaire et responsable. Ce projet permet aussi aux acteurs de l'ESS d’obtenir gratuitement des outils de communication modernes et performants.