Incipit

A l'approche de mes 30 ans, je cèderais volontiers à la tentation de l'examen intime de mon moi, en quête d'une auto-thérapie salutaire. Mais l'exercice serait un peu vain et mégalo. Pour qu'il puisse s'adresser à vous tous aussi, je souhaite transférer les enjeux de mon questionnement personnel à notre contexte actuel global.
Entre le rêve et l'échec, ou quand, en politique comme en amour, la déception semble être l'inévitable issue...
Rassurez-vous, pas de pessimisme absolu en guise de ligne éditoriale, mais plutôt des variations autour des thèmes suivants : dépit / renouveau / trentenaire / conscience politique / résignation / colère / écologie / révolte / rock / partage / émotion / sourire / échec / (re)construction…
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lundi 21 juillet 2014

(R) évolution des colibris : étape 5 (l’énergie)

Le mythe de l’énergie illimitée s’achève. L’heure est à la sobriété, à l’efficacité, et au développement des énergies renouvelables. Dans le cadre du dernier volet de la (R)évolution consacré à l'énergie, Colibris propose 5 actions citoyennes qui participent à impulser un courant... alternatif !

Dossier entièrement extrait du site internet www.colibris-lemouvement.org. J’ai mis sur ce billet uniquement les développements des points 1 et 3. Le complément d’infos lié autres points est disponible sur le site des Colibris.


1. Je choisis un fournisseur indépendant  d'énergie

100% renouvelable, sans énergie fossile ni nucléaire. (R)évolutionner l'énergie, ça commence par changer d'électricité !


Suite à l’ouverture en France du marché de l'électricité à la concurrence en 2004, EDF n’a plus le monopole de la fourniture d’électricité. Un des nouveaux venus sur le marché, Enercoop, propose une électricité 100% renouvelable, sans énergie fossile ni nucléaire. (R)évolutionner l'énergie, ça commence par changer d'électricité !
Enercoop a été créée sous forme de Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC), avec pour objectifs de promouvoir les énergies renouvelables, défendre la maîtrise de la consommation d'énergie, et décentraliser la production. La quasi totalité des bénéfices est réinvestie dans de nouveaux moyens de production.


Il y a actuellement 55 producteurs, répartis entre l’hydraulique, l’éolien, le photovoltaïque, et le biogaz.
Si les tarifs d’EDF sont sensiblement moins élevés (0,13€/kWh contre 0,16€/kWh chez Enercoop), c’est parce que l’opérateur historique est subventionné par une taxe, la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité). Mais cette différence de prix devrait s’estomper dans les années à venir, et s’harmoniser sur le marché européen (entre 0,16€ et 0,17€).

Plus d’infos : www.enercoop.fr


2. J’éco-habite

Choisir un habitat collectif, groupé, ou partagé, c’est adopter un mode de vie plus sobre et... plus convivial ! #Ecoquartier, #Gaspillage, #EfficacitéEnergètique
Paragraphe développé ici !



3. Je réduis ma consommation de viande

L'élevage animal représente un gouffre énergétique. Manger moins de viande est un acte politique !

Produire de la viande pour nous nourrir coûte très cher sur le plan environnemental et sanitaire. Au regard de l’accroissement de la population et de l’épuisement des ressources fossiles, il semble impératif de faire évoluer nos habitudes alimentaires.
Actuellement, un français consomme en moyenne 1,5kg de viande par semaine, aux grands regrets des nutritionnistes qui préconisent une consommation de 500g par semaine. Manger trop de viande engendre des répercussions néfastes sur la santé, parmi lesquelles des troubles cardio-vasculaires, de multiples cancers et de l’obésité. Ce mode de vie n’épargne guère l’équilibre des écosystèmes puisque les écologistes déplorent des déforestations massives en Amérique Latine, des conflits d’usage des terres (selon le WWF, 1kg de viande nécessite 323m2 de terre) et de l’eau (produire 1kg de boeuf nécessite plus de 15 000 litres d'eau), des pollutions dues aux effluents d’élevages, ainsi que des émissions de gaz à effet de serre (1 kg de viande serait responsable de l’émission de 34,2kg d’équivalent CO2). A cet égard, selon un récent rapport de la FAO, l’élevage était responsable de 15% des émissions annuelles de GES dans le monde en 2013. De même, dans son rapport “Les spéculateurs de la faim”, l’ONG Foodwatch dénonce la spéculation sur les denrées alimentaires qui règne sur les marchés financiers et l’atteinte portée à la sécurité alimentaire des pays du Sud.

Sur l’aspect énergétique spécifiquement, la production de viande est gourmande en énergie, en raison du transport, de l’électricité nécessaire pour le chauffage des bâtiments et la production dans son ensemble. Il est important de souligner que la production d’1 kg de viande de boeuf nécessite 7 kg à 10 kg de végétaux. Il faut donc démultiplier les dépenses énergétiques afférentes : engrais et pesticides de synthèse, tracteurs, transport… L’alimentation du bétail représente, dans le monde, 70 % des surfaces agricoles ! Au détriment de l’alimentation humaine...

 Plus d’info :
 - “Manger plus végétarien”, sur le site de Colibris
 - “Manger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé”, sur notre-planete.info.
 - “Les spéculateurs de la faim”, rapport Foodwatch 2011.
 - “L’impact de la viande sur les humains, les animaux, et la planète”, sur le site Viande.info.



4. J'investis mon épargne dans la transition énergétique

Investir en faveur du développement des énergies renouvelables, c'est favoriser la multiplication des productions locales !
Paragraphe développé ici !



5. Je participe à l'élaboration d'un plan de descente énergétique sur mon territoire

Première étape : initier un collectif de citoyens pour agir ensemble !
Paragraphe développé ici !

lundi 10 juin 2013

(R) évolution des colibris : étape 2


Nous sommes nombreux à vouloir construire une société véritablement écologique et humaine. Dont la priorité est notre épanouissement collectif sur cette planète. Qui prenne soin de la nature et des animaux.
Nous sommes encore plus nombreux à savoir que si nous poursuivons dans la voie actuelle, les conséquences seront catastrophiques.
La plupart des responsables politiques, des organisations internationales, des collectivités locales, des entreprises grandes ou petites, des citoyens le savent. Le GIEC, l'ONU, la Banque Mondiale même, ainsi que bon nombre de chefs d’Etats le disent, les journalistes l’écrivent…

Pourtant, aucune décision, politique ou économique, réellement courageuse, véritablement en adéquation avec la gravité de la situation, n’est prise.
Le mouvement des Colibris a un plan pour faire bouger les lignes : reprendre le pouvoir sur l’économie, l’agriculture, l’éducation, la démocratie, l’énergie, dès 2013. Pour construire une société nouvelle, réellement soutenable et épanouissante pour tous.

Comme nous avions commencé à le faire en janvier 2013, nous continuons à dérouler ici ce plan en 5 axes. La 1ère étape avait consisté à relocaliser l'économie. Depuis quelques semaines, les Colibris creusent le 2ème sillon :

La (R)évolution de l'agriculture : Planter ce que nous mangeons.

Consommation excessive de pétrole, pollution, usage massif de produits phytosanitaires, standardisation de la production, appauvrissement des terres nourricières, disparition des paysans… Les conséquences de l’agriculture actuelle sont lourdes. Elles sont détaillées sur ce lien. Mais comme le Colibri est volontaire et optimiste par nature, il suggère à la suite de ces fléaux les solutions existantes.

A notre échelle de citoyens lambda mais concernés, le mouvement nous offre 5 possibilités d'actions pour participer concrètement à la (R)évolution :

1.  Planter avec les Incroyables Comestibles
Transformons nos territoires en immense potager avec les Incroyables Comestibles !
Une démarche collective de jardinage !

2.  Je mange bio, local et de saison
Favoriser le local, respecter les principes de l’agroécologie, constitue aujourd’hui une garantie d’alimentation plus saine et plus équilibrée. En décidant de consommer des produits bio, locaux et de saison, vous faites donc un double-choix positif : celui de privilégier votre santé tout en luttant contre l'appauvrissement des terres.

3.  Je cultive un potager agroécologique comestible
Jardins privés ou partagés, tout le monde peut s’engager dans la culture d’un petit potager ! #Association Kokopelli

4.  Je crée des circuits courts de distribution
Changer notre rapport à la production et à la consommation implique une dernière révision de taille : celle des modes de distribution et d’approvisionnement. Une alimentation commercialisée en circuit-court, c’est l’assurance d’une production locale et d’une consommation responsable, respectueuse de l’environnement. #AMAP

5.  J’investis dans une Foncière
Pour voir renaître une agriculture de proximité, il faut pouvoir cultiver localement ! C’est pourquoi la propriété foncière est un outil essentiel au développement serein d’une agriculture paysanne. L’enjeu est de pouvoir assurer aux paysans un accès aux terres agricoles. #Terredeliens




 

Aujourd’hui, nous avons le pouvoir d’inverser la tendance ! Faisons le choix d’une production agricole biologique et locale, respectueuse de la nature et des humains !

Prochain post sur le même thème : Octobre, le plan Education

mercredi 2 janvier 2013

(R) évolution des Colibris : étape 1

L'Utopie Destituée revêt ses habits d'oracle (l'optimisme doit être de mise pour la nouvelle année !) et prophétise à l'instar des Colibris une (R)évolution pour 2013 !

Le mouvement Colibris, dont nous avons déjà parlé ici ou , déjà initiateur en 2012 de la campagne "Tous candidats", continue son action pour inspirer, organiser et soutenir le changement de notre modèle de société par la participation de tous.

L'initiative s'articulera autour de 5 thématiques qui seront l'objet de 5 campagnes s'étalant de janvier 2013 à décembre 2014. 

Les développements qui suivent sont majoritairement issus du site des Colibris.

Février 2013 : "Localiser l'économie"
Avril 2013 :  "Planter ce que nous mangeons"
Septembre 2013 : "Révolutionner l'éducation"
Janvier 2014 : "Réinventer la démocratie"
Avril 2014 : "Economiser et produire de l'énergie (renouvelable)"

La 1ère étape c'est dès maintenant ! Localiser l'économie, suivant la démarche des économies locales vivantes présentée par Raphaël Souchier. Mais pourquoi ?


S'appuyant sur les travaux du réseau États-unien BALLE (Business Alliance for Local Living Economies bealocalist.org), on nous montre pourquoi l'économie doit s'enraciner quelque part et l'impact incroyable de l'achat local sur l'emploi, la circulation des richesses, l'augmentation des revenus des collectivités et des associations.

Consommer, et notamment manger local, c'est :

1. Garantir l’autonomie alimentaire, préserver les terres nourricières et l’activité des paysans à côté de chez soi
2. Sauvegarder la biodiversité agricole et la spécificité des terroirs
3. Encourager une économie locale et créer des emplois qui ont du sens
4. Réduire le transport des produits et minimiser les changements climatiques
5. Participer à une répartition équitable des richesses
6. Favoriser la qualité alimentaire et vivre en bonne santé


Plus de détails ici

Concrètement, il s'agirait de créer des réseaux d'entrepreneurs locaux : dès le mois de février, à Bordeaux, Lille, Toulouse, Paris, Montpellier, Rennes et Lyon, Raphaël Souchier et Colibris proposeront aux entrepreneurs, aux élus de collectivités et responsables du développement territorial, aux étudiants... des ateliers pour initier des réseaux de coopération locales et renforcer l’économie de chaque territoire.

D'autres actions sont possibles :

Changer de banque :
Certaines banques ne sont pas présentes dans les paradis fiscaux, ne paient pas de bonus extravagants, ne spéculent pas sur les marchés, investissent uniquement dans des projets d’économie sociale et solidaire..
Pour placer vos économies de manière plus éthique et responsable, optez pour la NEF ou le Crédit Coopératif. On peut même changer de banque en 5 clics ;-) avec ce site : jechangedebanque.org.

Organiser ou participer à un Carrotmob
En clair, des consommateurs envahissent un commerce afin de dégager un surplus de chiffre d’affaires pour le gérant. Celui-ci s’engage alors à réinvestir une partie des bénéfices réalisés dans la restructuration écologique de son établissement.
Détails à télécharger ici

Créer une monnaie locale





 

Agenda :
Lancement de la (R)évolution des Colibris avec une conférence publique à Paris le 30 janvier 2013, en présence de 5 personnalités qui présenteront le Plan des Colibris : "des trajectoires de transition dans les 5 grands thèmes abordés. Ces recommandations d'actions seront ensuite disponibles sur le web pour que tous ensemble, nous reprenions le pouvoir de nos vies et sur nos territoires".

Et pour vous prouver que ce genre de mobilisation, c'est "IN", un article sur un thème approchant, lu sur Rue89, à propos du livre de Bénédicte Manier : "Un million de révolutions tranquilles » (Éditions Les liens qui libèrent).

samedi 3 mars 2012

Réorienter d'urgence l'agriculture française

L'Utopie Destituée partage aujourd'hui une tribune parue sur LeMonde.fr le 24 février dernier, demandant une réorientation de la politique agricole française
Les signataires sont 30 personnalités représentantes d'ONG et d'associations rurales, environnementales et internationales.

"Les candidates et les candidats à l'élection présidentielle de 2012 ne peuvent ignorer le rôle central de l'agriculture dans les crises et les espoirs de notre époque. A l'approche du Salon de l'agriculture, cette question doit être abordée clairement.

Les crises sociales, environnementales, sanitaires et économiques que traverse notre société sont connues, mais leur dimension alimentaire et agricole n'est pas toujours mise en lumière : effets dramatiques et désormais irréfutables des pesticides dans la progression de nombreuses maladies (cancers, maladies neurodégénératives et auto-immunes, allergies, etc.), atteintes à l'environnement (destruction des paysages, pollution des eaux dont le coût de traitement risque d'exploser, érosion, appauvrissement des sols) et en particulier à la biodiversité dont les abeilles sont un témoin alarmant, contribution majeure de l'agriculture industrielle à l'effet de serre, déstructuration du tissu rural en France et en Europe, paupérisation des paysanneries au Nord comme au Sud, pénuries alimentaires apparentes (dues aux problèmes d'accès à la nourriture)…

Des décisions récentes risquent de renforcer les dégâts de cette agriculture déshumanisée : la loi sur les obtentions végétales votée en novembre 2011 interdit aux paysans de re-semer leur récolte et va renforcer la mainmise des multinationales sur les choix agricoles ; la modification des règles d'épandage de l'azote va augmenter les rejets des élevages hors-sols dans l'environnement des zones dites "sensibles" ; l'annulation de la "clause de sauvegarde" française sur les OGM et le délais pris avant l'adoption d'une nouvelle interdiction mettent directement en danger la production de miel en raison des contaminations prévisibles du pollen.

Pourtant, l'agriculture peut également être porteuse d'espoirs, à condition de changer en profondeur notre politique agricole, qui n'est actuellement ni durable, ni efficiente.

Les techniques alternatives de production agricole et de transformation alimentaire, et en particulier celles issues de l'agriculture biologique, prouvent chaque jour leur pertinence agronomique, économique, sociale et environnementale à l'échelle mondiale. Elles créent ou maintiennent des emplois ruraux, préservent les ressources en eau et la biodiversité, réduisent la dépendance énergétique des exploitations et réconcilient les cycles du carbone et de l'azote, évitent la dissémination de substances toxiques dans l'environnement et les aliments, remodèlent des paysages cohérents, ré-ancrent les entreprises agro-alimentaires dans les territoires, permettent aux populations de disposer de ressources alimentaires locales et accessibles (tant dans les pays du Nord que du Sud)…

Une agriculture biologique, paysanne et insérée dans un tissu économique local peut parfaitement nourrir l'humanité – et elle le fera sans détruire les moyens de production que sont la terre, l'eau, les semences et les humains. Il n'y aura pas de durabilité agricole sans durabilité environnementale. Par ailleurs, des initiatives citoyennes comme les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou Terre de liens témoignent à la fois de l'inventivité maintenue de l'agriculture française, et de la volonté des citoyens de s'impliquer dans son évolution. Plus de 40 000 d'entre eux ont pu le démontrer récemment en participant aux campagnes de mobilisation "Osons la bio !" et "Développons l'agriculture biologique".

Il n'est plus concevable de nier qu'une autre agriculture est possible, et il est temps pour les élu(e)s et pour les candidat(e)s aux élections de prendre conscience de la volonté des citoyens de se réapproprier collectivement les politiques agricoles, alimentaires et rurales, dans un objectif de souveraineté alimentaire, de respect du vivant et de vitalité des territoires. Pour paraphraser Clémenceau, "l'agriculture est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls agriculteurs et à l'agro-industrie".

Nous, organisations agricoles et rurales, associations de solidarité internationale, mouvements de l'éducation populaire, organisations de défense de l'environnement ou de la santé, réseaux de citoyens, demandons instamment aux candidats de s'engager à :

  •     réformer en profondeur la gouvernance de l'agriculture, afin que la société civile soit enfin associée à toutes les instances de décision agricole (CDOA, SAFER, Chambres d'Agriculture, etc.) ;
  •     mettre en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre impérativement 20 % d'agriculture biologique en 2020 : formations agricoles, recherche agronomique, accompagnement technique, financier et humain des paysans en conversion vers la bio, soutien aux filières bio en construction, etc. ;
  •     préparer la transition technique de l'ensemble des agriculteurs, notamment en réduisant de 50 % l'usage des produits phytosanitaires et en interdisant les plus polluants et rémanents ;
  •     faire de l'installation une priorité absolue face à l'actuel agrandissement continu des exploitations agricoles françaises, qui empêche les transmissions et met en danger le renouvellement des générations ;
  •     abroger la loi sur les semences du 28 novembre 2011 et la remplacer par une législation qui reconnaisse le rôle des paysans dans la sélection évolutive et conservatrice ;
  •     prendre toutes les mesures pour interdire les OGM sur le territoire français, de façon à protéger les pollinisateurs, les semences paysannes et les consommateurs ;
  •     défendre résolument une Politique Agricole Commune verte et solidaire, où toutes les aides inciteront au respect de l'environnement (avec des montants progressifs en fonction des pratiques) et à l'emploi agricole, et ne favoriseront pas des exportations portant préjudice aux paysans du Sud ;
  •     consacrer une part importante de "l'aide publique au développement" au soutien à l'agriculture familiale et biologique des pays du Sud ;
  •     créer, maintenir et renforcer des outils de gestion et de régulation des marchés agricoles, et lutter activement contre la spéculation sur les produits agricoles et alimentaires.
Les outils et dispositifs qui permettront d'atteindre 20 % des surfaces françaises en agriculture biologique sont les mêmes que ceux qui aideront l'ensemble des agriculteurs français à évoluer vers une meilleure intégration de l'environnement et de l'emploi rural… et qui aideront les paysanneries des pays en développement à construire leur nécessaire et urgente souveraineté alimentaire.

Mesdames les candidates, messieurs les candidats, à vous de choisir : maintenir une politique agricole archaïque et néfaste à l'environnement, à la santé et au tissu rural (en France comme dans les pays du Sud), ou faire le choix de l'agriculture du XXIe siècle."


Jacques Caplat (Agir pour l'environnement) ; Pierre Rabhi (paysan et écrivain) ; Jean-Jacques Boutrou (directeur général d'Agronomes et vétérinaires sans frontières) ; Marie-Paule Jammet et Jean Huet (co-présidents de la fédération Artisans du monde) ; Hugues Toussaint (président de Bio consom'acteurs) ; Bob Brac de la Perrière (coordinateur de BEDE) ; Xavier Bonvoisin (président de Chrétiens dans le monde rural) ; Cyril Dion (coordinateur du mouvement Colibris) ; Yves Berthelot (président du Comité français pour la solidarité internationale) ; Philippe Colin (porte-parole de la Confédération paysanne) ; Jo Hervé (président d'Eau et rivières de Bretagne) ; Jacques Maret (association Ecologie, démocratie, développement durable) ; Xavier Poux (administrateur de l'European Forum on Nature Conservation and Pastoralism) ; Dominique Marion (président de la Fédération nationale d'agriculture biologique) ; Didier Lorioux (président de la FNCIVAM) ; Yann Arthus-Bertrand (président de la Fondation GoodPlanet) ; François Veillerette (porte-parole de Générations futures) ; Allain Bougrain-Dubourg (président de la Ligue pour la protection des oiseaux) ; Jean-Michel Florin (coordinateur du Mouvement de l'agriculture biodynamique) ; Jérôme Dehondt (porte-parole du Mouvement interrégional des AMAP) ; Richard Marietta (président de Nature & Progrès) ; Jean-Paul Sornay (président de Peuples solidaires / Action Aid) ; Sandrine Mathy (présidente du Réseau action climat – France) ; Jacques Morineau (président du Réseau agriculture durable) ; Claude Gruffat (président du réseau Biocoop) ; Armina Knibbe (présidente du réseau Cohérence) ; Patrick de Kochko (coordinateur du Réseau semences paysannes) ; Jacques Berthelot (association Solidarité) ; Sjoerd Wartena (président de Terre de liens) ; Olivier Belval (président de l'Union nationale de l'apiculture française) ; Isabelle Autissier et Serge Orru (présidente et directeur général du WWF-France).

lundi 30 janvier 2012

Goûtons un monde meilleur

La question de l'alimentation est l'un des sujets récurrents de ce blog, et à raison : il s'agit d'un enjeu central du mode de fonctionnement durable et responsable qu'il est nécessaire d'adopter à court terme pour sauvegarder notre environnement, notre santé et notre qualité de vie.
A ce titre, L'Utopie Destituée relaye la mise en place d'une plateforme d'information et d'échange liée à ce thème : Goûtons un monde meilleur.

 
Cinq partenaires s'allient pour une même cause : promouvoir une alimentation respectueuse de la nature et des hommes. Une campagne nationale a été lancée en novembre dernier autour de WWF France, CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale), Max Havelaar France, Slow Food, et RES (Réseau Environnement Santé). 

Le site internet qui résulte de cette initiative, www.goutons-un-monde-meilleur.fr, donne accès à de multiples informations intéressantes sur les principes de base d’une alimentation responsable et à des solutions concrètes et faciles pour y parvenir : consommer local et équitable, acheter de saison et bio, diversifier ses repas, ajuster ses apports en protéines, réduire le gaspillage et décrypter les étiquettes.
Un conso-guide, Mieux manger en 6 gestes, est même téléchargeable à la rubrique Agir.

Go, on clique !

dimanche 7 août 2011

Pourquoi et comment sortir de notre modèle alimentaire actuel

La part des dépenses en produits alimentaires a fondu de 24,7% en 1960 à 14,8% en 2005 (rapport de l'INSEE de 2009). Parmi les causes de cette baisse : l'augmentation du budget global des ménages français (et la baisse induite de la part alimentaire), mais également l'explosion des autres postes du budget total (logement, transports, téléphonie...). 
Il s'agit bien néanmoins d'un marqueur du profond changement de nos habitudes alimentaires, agissant au détriment de notre santé, à moyen et à long terme.
Une alimentation de qualité devrait être jugée comme un élément-clé de la santé et du bien-être humains. Or les logiques de rentabilité, productivité, efficacité ont perverti cet idéal jusqu'à un degré effrayant. A ce titre c'est toute la chaîne alimentaire qui doit être remise en question : depuis les modes de production jusqu'aux modes de consommation, en passant par les canaux de distribution.

 

Le modèle issu de la révolution agricole d'après-guerre, dont le but légitime fût de permettre l'autonomie française en terme de productions agricoles et de faire du secteur primaire un moteur du développement économique français, doit être aménagé, sinon transformé. Il faut aujourd'hui préserver nos ressources et sauvegarder la vie : 

  • stopper ou limiter l'utilisation des pesticides et engrais chimiques. Poisons qui se répandent dans les nappes phréatiques (empêchant les habitants de zones d'agriculture intensive de consommer l'eau du robinet), contaminent les fruits et légumes que nous mangeons, nuisent à la bio-diversité (disparition de familles de végétaux, mortalité élevée des abeilles).
  • aider à l'installation et au développement d'exploitations agricoles bio (coût élevé des terrains, rigueur des cahiers des charges, baisse du crédit d'impôts sur la loin de finances 2011) pour combler le retard français en la matière.
En terme de commercialisation des produits d'alimentation, le modèle actuel ne profite qu'à un seul des acteurs : la grande distribution. Comprimant les couts d'achats auprès des producteurs (de fruits et légumes notamment), usant de méthodes scandaleuses bien souvent médiatisées, elle incite à toujours plus de productivité, poussant ces derniers à travailler de longues heures sous pression, sans parvenir à vivre dignement de leur métier. Ce sont loin d'être les conditions rêvées pour produire bon et cela ne manque pas de conduire à des dérives productivistes : part excessive de médicaments dans l'alimentation des bêtes, concentration et mal-être animal, graines de céréales pré-enrobés de phytosanitaires, etc...
A l'autre extrémité, préservant ou accroissant ses marges quoiqu'il arrive, la grande distribution abusent des consommateurs pris en otage.
Du côté de la transformation, là aussi la logique de rentabilité prime : produits à haute teneur en sel ou en sucre pour cacher la médiocre qualité des ingrédients utilisés, gorgés de conservateurs (dont les parabènes, ayant des effets néfastes sur la fertilité et un potentiel cancérigène), graisse hydrogénée, colorants, exhausteurs de goûts et autres additifs mystérieux aux effets non maîtrisés.

La nourriture industrielle est largement suspectée d'être une menace pour l'Homme (risques cardiovasculaires, hormonaux, reproductifs). D'un point de vue sanitaire, il convient donc dans la mesure du possible, et souvent c'est possible, de privilégier le fait-maison et de limiter au minimum l'achat de produits transformés. Prendre le temps de cuisiner n'est pas irréaliste : vous mangerez mieux, vous aurez conscience de manger mieux et de vous faire du bien, et vous pourrez même faire des économies (il existe des recettes simples utilisant des produits simples, à combiner à l'infini). En cuisinant vous reprenez la main sur ce qui constitue le cœur de votre vie. Et ça peut même être relaxant ! 

Ce changement dans nos habitudes de consommation est fondamental pour notre santé et celles de nos enfants. Notre responsabilité est engagée : nous ne devons pas nous contenter de subir les diktats de lobbys et d'industriels puissants. Il faut se comporter en consom'acteurs pour faire bouger les choses et remettre l'humain au cœur de nos préoccupations, au centre du système production / transformation / distribution / nutrition.
D'un point de vue écologique, il est évidemment préférable d'opter pour le bio, au moins partiellement et selon ses moyens, d'autant que des supermarchés bio fleurissent un peu partout, et que les grandes surfaces classiques proposent désormais un panel plus étendu de produits bio qu'auparavant, à des prix abordables.
D'un point de vue développement durable, il judicieux de choisir des circuits d'approvisionnement courts (produits d'origine locale, plutôt qu'ayant fait le tour du monde pour arriver dans votre frigo) et des produits de saison. Des solutions existent :  

  • les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique en créant un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance. 
  • les fermes ouvertes aux particuliers permettant d'y faire sa propre cueillette : en plus de passer un moment agréable, on peut y faire découvrir les fruits et légumes à ses enfants ! Des sites existent en région parisienne : ferme de Viltain (limite 91/78) ou ferme de Gally (78) par exemple).

N'étant ni scientifique ni économiste, j'ai essayé là de faire le bilan de ce qui me parait et m'a paru ahurissant dans le domaine l'alimentation au cours des récentes années. Tout cela me choque et je considère comme une nécessité de battre le rappel des bonnes pratiques. Bien sûr le sujet est vaste, et cette synthèse est fatalement incomplète. Je l'espère néanmoins informative et convaincante.
De nombreux sites web existent sur tous les sujets abordés ici : agriculture bio, OGM, risques sanitaires liés au effets des produits chimiques... Vous pourrez y trouver facilement les compléments d'information nécessaires.
Je vous invite également à lire ou relire "Le monde selon Monsanto" de Marie-Monique Robin, tour d'horizon édifiant de toutes les dérives évoquées plus haut.
 
Pour que l'expression "bon appétit" ne devienne pas une imprécation mortifère, agissons !