Incipit

A l'approche de mes 30 ans, je cèderais volontiers à la tentation de l'examen intime de mon moi, en quête d'une auto-thérapie salutaire. Mais l'exercice serait un peu vain et mégalo. Pour qu'il puisse s'adresser à vous tous aussi, je souhaite transférer les enjeux de mon questionnement personnel à notre contexte actuel global.
Entre le rêve et l'échec, ou quand, en politique comme en amour, la déception semble être l'inévitable issue...
Rassurez-vous, pas de pessimisme absolu en guise de ligne éditoriale, mais plutôt des variations autour des thèmes suivants : dépit / renouveau / trentenaire / conscience politique / résignation / colère / écologie / révolte / rock / partage / émotion / sourire / échec / (re)construction…

lundi 12 septembre 2011

La famille Colibri, ou des solutions pour réduire son impact environnemental

J'ai reçu le texte qui suit il y a quelques mois déjà, via la coopérative Europe Ecologie Les Verts. Il est signé semble-t-il par Cécile et Jean-Marc Berthaud. Je tenais à vous le faire partager, car il synthétise une multitude d'idées pour nous permettre de réduire notre empreinte écologique. Il correspond aussi en de nombreux points aux valeurs qui me meuvent et que je souhaite diffuser par l'entremise de ce blog. 
La légende du colibri, qui sous-tend la parabole des Berthaud, est d'inspiration amérindienne. Elle est racontée à l'origine par Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, pionnier de l'agriculture biologique et initiateur de Colibris, Mouvement pour la Terre et l'Humanisme, dont le site Internet est une mine d'information et d'initiatives pour ceux qui espèrent une alternative à notre modèle de société consumériste, une alternative fondée sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme.


Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

"La famille Colibri réfléchit sur les conséquences de ses actes, de ses choix, de ses achats dans sa vie quotidienne. L’objectif est de favoriser tout ce qui améliore la prise en compte des valeurs sociales, de respect des Hommes et de la Terre, et de limiter les effets négatifs de ses consommations (pollution des sols, de l’eau et de l’air, épuisement des ressources naturelles, faillite des paysans…). Elle ne court pas après les heures supplémentaires, et si c’est possible elle apprécie le travail à temps partiel à certains moments de sa vie, ce qui lui laisse plus de temps pour sa vie personnelle, familiale, et pour s’impliquer dans la vie associative pour défendre ses valeurs ( = forces de vie ).
                 
La famille Colibri fait ses courses en priorité au marché ou en magasin bio, de préférence chez ceux qui s'engagent à rechercher les meilleurs produits, avec une marge raisonnable tout en respectant les fournisseurs, les producteurs et les employés. Exemple : Nouveaux Robinson, Biocoop… Comme elle s’informe auprès des mouvements militants comme Nature et Progrès, Les Amis de la Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre, etc..…elle sait que les prix des aliments en bio ne peuvent pas être comparés avec les prix des denrées qui sont aspergées de subventions européennes et de pesticides issus du pétrole… Mais la santé prime, alors on s’organise à plusieurs, on diminue la viande au profit d’autres aliments, on cuisine, on innove !
Elle se fournit aussi en direct auprès des paysans, par l'intermédiaire de groupement d'achats, de coopératives, d'AMAP...Mais comme elle voit qu'il n'y a pas assez de produits agricoles biologiques cultivés en France, elle soutient l'installation de paysans s’engageant dans une agriculture familiale, durable et biologique, en prenant des parts dans la Foncière Terre de Liens. Elle est ainsi satisfaite de mettre de la cohérence entre ses opinions et ses actions concrètes.

Si la famille peut disposer d'un bout de terre (son propre jardin ou un jardin partagé communal ou associatif ), elle pourra ainsi avoir sa parcelle d’autonomie alimentaire, et expérimenter une nouvelle forme de résistance, celle qui consiste à choisir ses semences chez ceux qui favorisent la biodiversité (ex : Kokopelli, Semence Paysannes...), son matériel (ex : Jardineries Botanic, où l’on ne trouve  que des phytosanitaires autorisés en agriculture biologique) et ainsi se démarquer de la dépendance aux grands groupes agro-chimiques alimentaires....Elle observe les insectes, les abeilles et les oiseaux dans ce jardin, signes d’une belle biodiversité et apprécie la convivialité autour d’un jardin, le partage, et les échanges de conseils et de surplus de récoltes. Dans ce jardin, on trouve aussi un récupérateur d’eau de pluie et un endroit réservé au compostage des déchets organiques de la cuisine et du jardin.

Pour s’habiller, la famille a le choix : de plus en plus de nouveaux fabricants, ou distributeurs, souvent issus du réseau de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) proposent des vêtements en coton bio, en laine, en soie, en chanvre. La filière de ces textiles est porteuse des valeurs de l’ESS dans le respect de l’environnement, de la santé et de la dignité des employés pour ce qui concerne les modes de production de matières premières, la création, la fabrication et la vente des vêtements. Pour démarrer leur activité, ces fabricants ont souvent bénéficié du soutien professionnel et financier du réseau de l'ESS (ex : les pulls de la SCOP Ardelaine, entreprise pionnière dans la démarche ESS, Ethos, Ideo, Tudo Bom ....).

Quand la famille envisage la décoration et l’aménagement de son habitation, elle se renseigne sur les matériaux sains et non polluants qui existent sur le marché (ex : Les Matériaux Verts). Elle consulte les revues spécialisées, elle apprend les nouvelles techniques ou elle fait appel aux artisans compétents, d’une coopérative d’emplois par exemple !
Le tri sélectif est devenu un automatisme. Il lui arrive aussi d’acheter du matériel d’occasion, révisé par une entreprise d’insertion (ex : le réseau ENVIE, Emmaüs, ou TAE avec ATD Quart-Monde).                

La famille a choisi de quitter EDF et c’est la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif)  Enercoop,  qui lui fournit son électricité garantie d'origine 100% énergie renouvelable (encore l’ESS !!). Ainsi elle participe à l'investissement dans de nouveaux moyens de production d'électricité et à une réappropriation citoyenne des moyens de production de l'énergie. C’est un des axes possibles d’action concrète pour organiser la transition vers une société moins dépendante des énergies fossiles et du nucléaire !


Si l’orientation du toit de sa maison  est favorable, elle fait installer des capteurs solaires thermiques qui lui assurent la majorité de son eau chaude sanitaire, qui sera complétée par une chaudière gaz à condensation, par exemple ! Bien sûr, elle préfère les douches, et répare rapidement les fuites d’eau, mais elle sait que c’est l’agriculture intensive (très subventionnée…) qui consomme 70 % de l’eau ! L’hiver, elle apprécie la chaleur diffusée par son insert, ou son poêle à bois.   
           
Pour se déplacer, dès que c’est possible, elle privilégie les transports en commun, le co-voiturage, le vélo…et la marche à pied ! Elle se renseigne aussi sur le réseau d’Autopartage.
  
Pour les vacances, la famille cherche dans le réseau Accueil Paysan un lieu sympa : camping, gîte, chambre d'hôte... Elle est sûre d'être accueillie par des paysans qui recherchent les échanges authentiques entre ruraux et citadins et qui utilisent des méthodes de culture  respectueuses de l'environnement. 


Les parents ont leur compte bancaire au Crédit Coopératif
dont la vocation est d'être une banque coopérative, mettant ses métiers au service des acteurs d'une économie responsable, respectueuse des personnes et de leur environnement. Pour continuer de se renseigner sur l’affectation utile de son épargne, sur les offres de finances solidaires, la famille consulte le site Finansol. C'est là qu'elle a découvert  les C.I.G.A.L.E.S. et elle s’est lancée dans l’aventure avec quelques amis : ce sont des clubs d'investissement de quelques personnes qui mettent en commun une petite épargne pour aider à la création et au développement de petites entreprises locales, en privilégiant les projets respectueux de l'être humain et de son environnement (commerce équitable Nord/Nord et Nord/Sud, agriculture biologique, insertion sociale, promotion de la culture, protection de l'environnement, construction saine  …). La famille Colibri est ainsi associée à la vie d’une entreprise solidaire !"

Pour le reste, soyez créatifs !

mardi 6 septembre 2011

La dérive xénophobe

On le sait bien, les ressorts de la xénophobie tiennent dans l'angoisse d'un futur incertain, l'inquiétude face à des lendemains supposés difficiles, le manque d'armes (financières, culturelles, intellectuelles) pour appréhender un monde en mouvement. Sa traduction la plus basique est le repli sur soi, sur sa famille, sur sa communauté. L'Autre perçu comme une menace, comme le bouc émissaire, comme la cause évidente du déclin.
Voilà rapidement ce qu'il en est du mal et des ses effets. Le traitement est simple, même si c'est à désespérer qu'il donne un jour des résultats à grande échelle : l'ouverture aux autres, l'examen objectif des qualités et défauts de sa propre "communauté", l'éducation, les voyages, la curiosité d'esprit.

Le plus grave, à notre époque, est que ce sentiment soit exacerbé par des (ir)responsables politiques, pour des raisons idéologiques peut-être bien, pour des raisons électoralistes plus sûrement. Les exemples pullulent : dernier en date, la sortie du député UMP du Cantal affublant le vice-président EELV de la région IDF du doux sobriquet de "Coréen national" (le dit Coréen, Jean-Vincent Placé est né en Corée en 1968, adopté à l'âge de sept ans en 1975 par une famille normande, et de fait Français à part entière). Alain Marleix (le député) ne dépasse toutefois pas son maître Hortefeux et sa célèbre blagounette de 2009 sur les "Auvergnats" : "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". 

A l'image des membres du collectif de parlementaires UMP, La Droite Populaire, ils incarnent la frange droitière du parti présidentiel. Aile dure de la majorité, porteurs des "valeurs de droite", il est opportun de se demander s'ils sont le bras armé du parti sarkozyste en vue de séduire les électeurs "lepenisés"ou bien simplement l'expression de la nature profonde du navire UMP. Et même dans ce cas, leur activisme, cautionné par les responsables du parti, et partant, par le Président de la République issu de ses rangs, ne peut être toléré. Voilà une initiative qui en dit long sur le sens et la portée de ce mouvement : à l'occasion de la dernière fête nationale, certains de ces membres ont organisé, dans les murs de l'Assemblée nationale, un apéro "saucisson vin rouge". Une "fiesta" aux relents un poil abjects quand on se souvient que des apéros similaires avaient été lancés en 2010 par des groupes d'extrême-droite, et dont la signification était pour le coup sans ambiguïté, clairement raciste et provocatrice à l'égard de ceux d'entre nous qui ne consomment ni porc ni alcool. 
Pris séparément, ces faits peuvent (parfois) paraître anodins. Mis bout à bout, il est incontestable qu'ils créent un climat délétère.
Autre expression toute récente de rejet et de peur de l'autre : l'affrètement et l'escorte par la police d'une rame de tramway pour aider à l'évacuation d'un camp de Roms (voir cet article du monde d'Audrey Garric). Pas le temps ni la documentation pour traiter ici cette question des Roms, qui a pourtant fait l'objet l'été dernier d'une vilaine récupération par notre Président.

Hors de nos frontières, en Europe, on observe un peu partout une montée du racisme. Les situations choquantes se banalisent, et conduisent probablement à légitimer dans la tête de fanatiques les actes les plus odieux. Je pense à Anders Behring Breivik, cet extrémiste à la folie assumée qui a endeuillé la Norvège en juillet, pour avoir cru être un chevalier en croisade contre l'islamisation et la tendance au multiculturalisme dans son pays ! La Norvège, comme d'autres pays, a vu les thèses populistes et nationalistes gagner en audience ces dernières années : le Parti du Progrès, le plus à droite sur l'échiquier norvégien, a recueilli 22,9% des suffrages aux dernière élections parlementaires, en prônant la limitation de l'immigration au moyen d'expressions choc et de tracts polémique.



Attentat de Norvège : le débat politique évolue sur l'immigration
(02:27)








En Hongrie, le premier ministre conservateur Viktor Orban a mis la main sur les médias, brimant leur indépendance, et élaboré une nouvelle constitution jugé "anti-démocratique", provoquant l'inquiétude des dirigeants onusiens et européens.

Espérons que notre jeunesse, comme la Petite Poucette du philosophe Michel Serres (voir l'entretien dans Libération), aura "des amis musulmans, sud-américains, chinois, [qu']elle les fréquente[ra] en classe et sur Facebook, chez elle, partout dans le vaste monde. Pendant combien de temps lui fera-t-on encore chanter «qu’un sang impur abreuve nos sillons» ?"

Image de 24heuresactu.com

mardi 30 août 2011

Festival We Love Green

A mon grand regret je ne serai pas sur Paris le week-end du 10/11 septembre, et je ne pourrai donc pas assister à la première édition de ce festival qui me tente pourtant diablement, tant par son objectif de promotion de la "green attitude", que par sa programmation musicale plus qu'alléchante : le fantasque mais non moins génial Peter Doherty, la jolie et prometteuse Selah Sue, les fabuleux anglais de Metronomy et le tendre mélodiste Piers Faccini. C'est bien simple, ce festival, il est fait pour moi :-(.


Alors je vous encourage à y aller et à me communiquer vos sentiments à son sujet !

Ce sera au parc de Bagatelle, en plein cœur du Bois de Boulogne. Le pass 2 jours est à 60€, le samedi c'est 33€ et le dimanche 38,50€.



Le lien vers le site welovegreen.fr et le manifeste dont je vous livre ci-dessous la teneur :

WE LOVE GREEN MANIFESTO 

N'avez vous pas entendu ? Il est urgent de passer au vert et de vivre de manière responsable. Par toutes les formes. La musique, l'art, l'émerveillement...
Avez vous entendu parler des gestes écologiques au quotidien ? Du respect de l'environnement et de l'Homme ? Des sources nouvelles d'énergies durables ? D'un impératif de penser et d'agir ensemble pour transformer notre société vers des horizons plus solidaires, plus modernes, plus vivants, plus viables ?
Même si nous défendons le droit à chacun de choisir sa route, WE LOVE GREEN choisit de promouvoir l'idée du beau, du bon, du bien et du green. Pourquoi se priver d'être plus responsable tout en se faisant plaisir aux yeux et aux oreilles ?
Dire et faire WE LOVE GREEN, ensemble, c'est le début de notre engagement.
A vous de jouer.

lundi 8 août 2011

Marées noires du delta du Niger : un scandale écologique discret

 


Le delta du fleuve Niger, situé au Nigeria (Afrique occidentale) est le lieu d'une pollution pétrolière sans comparaison, quotidienne et peu médiatisée.  La zone, marécageuse, constituée de mangroves, est extrêmement riche en hydrocarbures de qualité facilement exploitables. 

Les enjeux sont nombreux et il est difficile de désigner un responsable unique. Toujours est-il qu'entre grandes compagnies (Shell notamment, mais aussi Chevron, ExxonMobil ou Total) sans scrupule accusées de mauvais entretien des réseaux d'oléoducs et pour le moins peu actives sur le chantier de la dépollution, groupes armés en lutte pour une meilleure distribution des revenus du pétrole (MEND : Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger) organisant le sabotage des installations, raffineurs clandestins issus de la population locale prélevant une partie du brut en perçant les pipelines et un état fédéral nigérian prisonnier de ses intérêts financiers avec les majors et d'enjeux de politique interne (redistribution des richesses entre états producteurs et états non producteurs), le constat est implacable : entre 9 et 13 millions de barils ont été déversés dans la région depuis 50 ans selon une étude réalisée en 2006 par des d'experts nigérians, américains et britanniques (source L'Expansion). C'est une catastrophe écologique majeure, associée à des effets sur la santé des populations locales et à des troubles politiques récurrents et violents.

 
Le décor est planté. Pour aller plus loin je vous invite à lire les quelques articles suivants :


dimanche 7 août 2011

Pourquoi et comment sortir de notre modèle alimentaire actuel

La part des dépenses en produits alimentaires a fondu de 24,7% en 1960 à 14,8% en 2005 (rapport de l'INSEE de 2009). Parmi les causes de cette baisse : l'augmentation du budget global des ménages français (et la baisse induite de la part alimentaire), mais également l'explosion des autres postes du budget total (logement, transports, téléphonie...). 
Il s'agit bien néanmoins d'un marqueur du profond changement de nos habitudes alimentaires, agissant au détriment de notre santé, à moyen et à long terme.
Une alimentation de qualité devrait être jugée comme un élément-clé de la santé et du bien-être humains. Or les logiques de rentabilité, productivité, efficacité ont perverti cet idéal jusqu'à un degré effrayant. A ce titre c'est toute la chaîne alimentaire qui doit être remise en question : depuis les modes de production jusqu'aux modes de consommation, en passant par les canaux de distribution.

 

Le modèle issu de la révolution agricole d'après-guerre, dont le but légitime fût de permettre l'autonomie française en terme de productions agricoles et de faire du secteur primaire un moteur du développement économique français, doit être aménagé, sinon transformé. Il faut aujourd'hui préserver nos ressources et sauvegarder la vie : 

  • stopper ou limiter l'utilisation des pesticides et engrais chimiques. Poisons qui se répandent dans les nappes phréatiques (empêchant les habitants de zones d'agriculture intensive de consommer l'eau du robinet), contaminent les fruits et légumes que nous mangeons, nuisent à la bio-diversité (disparition de familles de végétaux, mortalité élevée des abeilles).
  • aider à l'installation et au développement d'exploitations agricoles bio (coût élevé des terrains, rigueur des cahiers des charges, baisse du crédit d'impôts sur la loin de finances 2011) pour combler le retard français en la matière.
En terme de commercialisation des produits d'alimentation, le modèle actuel ne profite qu'à un seul des acteurs : la grande distribution. Comprimant les couts d'achats auprès des producteurs (de fruits et légumes notamment), usant de méthodes scandaleuses bien souvent médiatisées, elle incite à toujours plus de productivité, poussant ces derniers à travailler de longues heures sous pression, sans parvenir à vivre dignement de leur métier. Ce sont loin d'être les conditions rêvées pour produire bon et cela ne manque pas de conduire à des dérives productivistes : part excessive de médicaments dans l'alimentation des bêtes, concentration et mal-être animal, graines de céréales pré-enrobés de phytosanitaires, etc...
A l'autre extrémité, préservant ou accroissant ses marges quoiqu'il arrive, la grande distribution abusent des consommateurs pris en otage.
Du côté de la transformation, là aussi la logique de rentabilité prime : produits à haute teneur en sel ou en sucre pour cacher la médiocre qualité des ingrédients utilisés, gorgés de conservateurs (dont les parabènes, ayant des effets néfastes sur la fertilité et un potentiel cancérigène), graisse hydrogénée, colorants, exhausteurs de goûts et autres additifs mystérieux aux effets non maîtrisés.

La nourriture industrielle est largement suspectée d'être une menace pour l'Homme (risques cardiovasculaires, hormonaux, reproductifs). D'un point de vue sanitaire, il convient donc dans la mesure du possible, et souvent c'est possible, de privilégier le fait-maison et de limiter au minimum l'achat de produits transformés. Prendre le temps de cuisiner n'est pas irréaliste : vous mangerez mieux, vous aurez conscience de manger mieux et de vous faire du bien, et vous pourrez même faire des économies (il existe des recettes simples utilisant des produits simples, à combiner à l'infini). En cuisinant vous reprenez la main sur ce qui constitue le cœur de votre vie. Et ça peut même être relaxant ! 

Ce changement dans nos habitudes de consommation est fondamental pour notre santé et celles de nos enfants. Notre responsabilité est engagée : nous ne devons pas nous contenter de subir les diktats de lobbys et d'industriels puissants. Il faut se comporter en consom'acteurs pour faire bouger les choses et remettre l'humain au cœur de nos préoccupations, au centre du système production / transformation / distribution / nutrition.
D'un point de vue écologique, il est évidemment préférable d'opter pour le bio, au moins partiellement et selon ses moyens, d'autant que des supermarchés bio fleurissent un peu partout, et que les grandes surfaces classiques proposent désormais un panel plus étendu de produits bio qu'auparavant, à des prix abordables.
D'un point de vue développement durable, il judicieux de choisir des circuits d'approvisionnement courts (produits d'origine locale, plutôt qu'ayant fait le tour du monde pour arriver dans votre frigo) et des produits de saison. Des solutions existent :  

  • les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique en créant un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance. 
  • les fermes ouvertes aux particuliers permettant d'y faire sa propre cueillette : en plus de passer un moment agréable, on peut y faire découvrir les fruits et légumes à ses enfants ! Des sites existent en région parisienne : ferme de Viltain (limite 91/78) ou ferme de Gally (78) par exemple).

N'étant ni scientifique ni économiste, j'ai essayé là de faire le bilan de ce qui me parait et m'a paru ahurissant dans le domaine l'alimentation au cours des récentes années. Tout cela me choque et je considère comme une nécessité de battre le rappel des bonnes pratiques. Bien sûr le sujet est vaste, et cette synthèse est fatalement incomplète. Je l'espère néanmoins informative et convaincante.
De nombreux sites web existent sur tous les sujets abordés ici : agriculture bio, OGM, risques sanitaires liés au effets des produits chimiques... Vous pourrez y trouver facilement les compléments d'information nécessaires.
Je vous invite également à lire ou relire "Le monde selon Monsanto" de Marie-Monique Robin, tour d'horizon édifiant de toutes les dérives évoquées plus haut.
 
Pour que l'expression "bon appétit" ne devienne pas une imprécation mortifère, agissons !

mardi 2 août 2011

Politique spectacle et autres dérives

Des enjeux décisifs pèsent sur notre société : l'accroissement de la dette, le financement des retraites et du système de protection sociale, la sauvegarde de la biodiversité, la gestion des différences de développement entre états (et son pendant naturel et ô combien compréhensible : l'immigration), la montée des nationalismes et de la xénophobie à l'échelle européenne, un développement économique durable et innovant, le maintien de l'emploi, une éducation de qualité adaptée au monde moderne permettant à nos jeunes d'être performants, intelligents, cultivés...

Au lieu de ça, nos politiques jouent de basses manœuvres électoralistes, exacerbent d'ignobles polémiques pour s'éliminer les uns les autres de la course aux mandats, resservent indéfiniment des discours plats et rodés validés par le grand chef, lui-même inspiré par des éminences grises (j’ai failli dire brunes…) au rôle ambigu.
Bref ils perdent leur temps à se tirer dans les pattes ou à faire les beaux, plutôt que de s'unir pour prendre les problèmes à bras le corps, de manière pertinente, cohérente et efficace.
Je n'ai pas ces solutions, je ne suis ni homme politique, ni spécialiste en l’une de ces thématiques. Néanmoins ma position, partagée avec beaucoup d'entre vous j'imagine, est qu'il faut changer de modèle de gouvernance. Cesser de compter avec des politiques dont c’est le métier, les mêmes depuis des décennies (vive la jeune garde du PS….dont les membres approchent la cinquantaine, vive le renouveau avec Martine Aubry, 62 ans bientôt !). Avec comme dérive inévitable une propension à tout faire pour garder son poste, ou en briguer un autre, plus prestigieux. Au prix d’inévitables compromissions et dérobades sur des sujets risqués et non rentables électoralement.

Les mêmes qui trustent les ondes radio, font le show à la télé, pose avec la petite famille dans la presse « people ». Usent et abusent de la présence dans les médias, jusqu’à notre écœurement, pour flatter et polir leur image. Le nouvel homme politique passe son temps à faire de l’auto-promo, non pas pour son projet ou programme, mais pour sa propre personne. Et malheureusement sa collègue féminine ne déroge pas à la règle (formidable Nadine Morano, caricature personnifiée de ces comportements !). Les médias jouent allégrement ce jeu (en rabâchant des infos inutiles, propageant la moindre « petite phrase » jusqu’au grotesque, érigeant le sensationnalisme en nouveau principe dominant du journalisme) et entretiennent le cercle vicieux.



Au final on obtient discours non réfléchis, bourdes monstrueuses, jugements hâtifs de la part de politiciens décrédibilisés portant le ras-le-bol populaire à son paroxysme.

Douillet au gouvernement, c'est sensé faire bien auprès des sportifs ? Ou des couches populaires ? Il suffit de l'écouter parler pour douter de la portée de son apport (voir le lien vidéo, à 3'15 environ) : discours creux, sans intérêts et avec faute de syntaxe ! On en a la bouche pleine de copeaux tellement c'est de la langue de bois....
BHL servant d’émissaire spécial auprès de la rébellion libyenne, c’est pour porter haut la voix de la France ?
Un ministre de l’intérieur nous menant au rejet de l’Autre à pas de Guéant, c’est pour rassembler les français en ces temps difficiles ?
La blague…

Ne trouvez-vous pas que tout ça sent l’amateurisme, la démagogie, la dérive communautariste et l’escalade xénophobe ? Ne pensez-vous que nous méritons mieux ?

Regardons du côté des essais islandais pour une démocratie neuve, des jeunes indignés espagnols, des insurgés arabes. Ce ne sont pas des solutions toutes faites. Mais cela montre qu’il ne faut pas se résigner et baisser les bras. Que lorsqu’un système est manifestement vicié, tordu, malsain, il est possible de réfléchir à des alternatives. Un système dont nous serions fiers et partie prenante, pour changer…

samedi 30 juillet 2011

Alfred de Musset aimait-il regarder les filles ?

J'ai vu hier soir un joli film français, "j'aime regarder les filles" de Frédéric Louf. L'histoire d'un lycéen un brin dilettante, issu d'une famille modeste de province, menant une vie de patachon à Paris au temps de l'élection de François Mitterrand. Tombé éperdument amoureux d'une jeune fille de la bourgeoisie parisienne, il entreprendra audacieusement de la séduire. Le long métrage navigue entre émotion et humour, nous propose une mise en scène fine basée sur le sens de la situation et le goût du détail (ok je pompe la critique du monde là), et au final installe une délicieuse atmosphère. J'en suis ressorti avec le sourire... mon côté fleur bleue ;-)


Mais le sujet de ce post n'est pas tant le film, mais une de ses scènes, dans laquelle deux des personnages récitent un extrait de la pièce d'Alfred de Musset, "on ne badine pas avec l'amour". Dit avec délicatesse, le texte m'a beaucoup plu. Et j'ai eu un peu honte de méconnaitre l’œuvre de cet auteur. Alors d'une pierre deux coups, je répare mon inculture et vous fais partager le teneur cette séquence :

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux
et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui." Acte 2, scène V.

Alfred de Musset, né le 11 décembre 1810 à Paris, est un poète et un dramaturge français. Il meurt précocement à 46 ans, victime de son alcoolisme et de sa vie de débauche, presque oublié. Auteur notamment de Contes d'Espagne et d'Italie, Lorenzaccio, Fantasio, On ne badine pas avec l'amour ou Confession d'un enfant du siècle (roman autobiographique), il est redécouvert au XXe siècle. Alfred de Musset est désormais considéré comme un des grands écrivains romantiques français, dont le théâtre et la poésie lyrique montrent une sensibilité extrême.