Incipit

A l'approche de mes 30 ans, je cèderais volontiers à la tentation de l'examen intime de mon moi, en quête d'une auto-thérapie salutaire. Mais l'exercice serait un peu vain et mégalo. Pour qu'il puisse s'adresser à vous tous aussi, je souhaite transférer les enjeux de mon questionnement personnel à notre contexte actuel global.
Entre le rêve et l'échec, ou quand, en politique comme en amour, la déception semble être l'inévitable issue...
Rassurez-vous, pas de pessimisme absolu en guise de ligne éditoriale, mais plutôt des variations autour des thèmes suivants : dépit / renouveau / trentenaire / conscience politique / résignation / colère / écologie / révolte / rock / partage / émotion / sourire / échec / (re)construction…

lundi 5 mars 2012

Silence on clive !

A droite ça rue dans les brancards ! Le candidat Sarko ne progresse pas dans les sondages. Pire, sa campagne, à son image, bégaie. Et pourtant ils mettent le paquet ! On clive, pour reprendre l'expression incontournable du moment. 
 
On stigmatise le boucher Halal (qui ne fait que reprendre l'échoppe abandonnée par son confrère franchouillard, qui rechigne à en chier des ronds de chapons, euh non chapeaux, et dont les consommateurs se sont d'ailleurs détournés pour aller faire leurs courses à l'Hyper, c'est moins cher).
On réhabilite le débat sur l'identité nationale, pourtant abandonnée courant 2010, car jugé inefficace pour contrer la poussée du FN aux Régionales.
On accuse l'opposition de manœuvres douteuses quand le peuple basque se rebiffe à Bayonne et nous refait le coup de Roncevaux.
On traite son concurrent de menteur, d'incapable, de mou. On croit dur comme fer (d'Arcelor Mittal) qu'on va renverser la vapeur à coup de propositions chocs, démagogiques, multiples. Mais non ça cafouille. Un léger mieux, et ça retombe comme un soufflé (bah ouais fatalement, elle a fait pschitt, la vapeur).




Alors on s'énerve :
 
Et nous, ça nous agace. Ces disputes sur des sujets somme toute loin de l'essentiel. Ces manipulations politico-politiciennes similaires à celles de 2007. Cette empathie surjouée de Super Français qui aime sa patrie et qui promet de la sauver de la déroute financière et de la conquête sarrasine.

 
Nous on veut de l'amour, de l'espoir, de la sérénité. On ne veut pas être montés les uns contre les autres. On ne veut pas être les proies trop faciles d'un chasseur féroce au couteau acéré, ou plutôt d'un dragueur vociférant à la langue trop bien pendue. Loin de croire à l'absolue bonté de l'Homme (j'ai 30 ans les gars, quand même....),  j'ai appris récemment qu'un sourire, un geste, un mot gentil, ça pouvait tout changer. Alors un vote, m'en parlez pas ! Faisons-nous ce plaisir. Autorisons-nous ce bonheur. Dans un mois et demi, l'air sera plus sain.


Moteur, on vote !

samedi 3 mars 2012

Réorienter d'urgence l'agriculture française

L'Utopie Destituée partage aujourd'hui une tribune parue sur LeMonde.fr le 24 février dernier, demandant une réorientation de la politique agricole française
Les signataires sont 30 personnalités représentantes d'ONG et d'associations rurales, environnementales et internationales.

"Les candidates et les candidats à l'élection présidentielle de 2012 ne peuvent ignorer le rôle central de l'agriculture dans les crises et les espoirs de notre époque. A l'approche du Salon de l'agriculture, cette question doit être abordée clairement.

Les crises sociales, environnementales, sanitaires et économiques que traverse notre société sont connues, mais leur dimension alimentaire et agricole n'est pas toujours mise en lumière : effets dramatiques et désormais irréfutables des pesticides dans la progression de nombreuses maladies (cancers, maladies neurodégénératives et auto-immunes, allergies, etc.), atteintes à l'environnement (destruction des paysages, pollution des eaux dont le coût de traitement risque d'exploser, érosion, appauvrissement des sols) et en particulier à la biodiversité dont les abeilles sont un témoin alarmant, contribution majeure de l'agriculture industrielle à l'effet de serre, déstructuration du tissu rural en France et en Europe, paupérisation des paysanneries au Nord comme au Sud, pénuries alimentaires apparentes (dues aux problèmes d'accès à la nourriture)…

Des décisions récentes risquent de renforcer les dégâts de cette agriculture déshumanisée : la loi sur les obtentions végétales votée en novembre 2011 interdit aux paysans de re-semer leur récolte et va renforcer la mainmise des multinationales sur les choix agricoles ; la modification des règles d'épandage de l'azote va augmenter les rejets des élevages hors-sols dans l'environnement des zones dites "sensibles" ; l'annulation de la "clause de sauvegarde" française sur les OGM et le délais pris avant l'adoption d'une nouvelle interdiction mettent directement en danger la production de miel en raison des contaminations prévisibles du pollen.

Pourtant, l'agriculture peut également être porteuse d'espoirs, à condition de changer en profondeur notre politique agricole, qui n'est actuellement ni durable, ni efficiente.

Les techniques alternatives de production agricole et de transformation alimentaire, et en particulier celles issues de l'agriculture biologique, prouvent chaque jour leur pertinence agronomique, économique, sociale et environnementale à l'échelle mondiale. Elles créent ou maintiennent des emplois ruraux, préservent les ressources en eau et la biodiversité, réduisent la dépendance énergétique des exploitations et réconcilient les cycles du carbone et de l'azote, évitent la dissémination de substances toxiques dans l'environnement et les aliments, remodèlent des paysages cohérents, ré-ancrent les entreprises agro-alimentaires dans les territoires, permettent aux populations de disposer de ressources alimentaires locales et accessibles (tant dans les pays du Nord que du Sud)…

Une agriculture biologique, paysanne et insérée dans un tissu économique local peut parfaitement nourrir l'humanité – et elle le fera sans détruire les moyens de production que sont la terre, l'eau, les semences et les humains. Il n'y aura pas de durabilité agricole sans durabilité environnementale. Par ailleurs, des initiatives citoyennes comme les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou Terre de liens témoignent à la fois de l'inventivité maintenue de l'agriculture française, et de la volonté des citoyens de s'impliquer dans son évolution. Plus de 40 000 d'entre eux ont pu le démontrer récemment en participant aux campagnes de mobilisation "Osons la bio !" et "Développons l'agriculture biologique".

Il n'est plus concevable de nier qu'une autre agriculture est possible, et il est temps pour les élu(e)s et pour les candidat(e)s aux élections de prendre conscience de la volonté des citoyens de se réapproprier collectivement les politiques agricoles, alimentaires et rurales, dans un objectif de souveraineté alimentaire, de respect du vivant et de vitalité des territoires. Pour paraphraser Clémenceau, "l'agriculture est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls agriculteurs et à l'agro-industrie".

Nous, organisations agricoles et rurales, associations de solidarité internationale, mouvements de l'éducation populaire, organisations de défense de l'environnement ou de la santé, réseaux de citoyens, demandons instamment aux candidats de s'engager à :

  •     réformer en profondeur la gouvernance de l'agriculture, afin que la société civile soit enfin associée à toutes les instances de décision agricole (CDOA, SAFER, Chambres d'Agriculture, etc.) ;
  •     mettre en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre impérativement 20 % d'agriculture biologique en 2020 : formations agricoles, recherche agronomique, accompagnement technique, financier et humain des paysans en conversion vers la bio, soutien aux filières bio en construction, etc. ;
  •     préparer la transition technique de l'ensemble des agriculteurs, notamment en réduisant de 50 % l'usage des produits phytosanitaires et en interdisant les plus polluants et rémanents ;
  •     faire de l'installation une priorité absolue face à l'actuel agrandissement continu des exploitations agricoles françaises, qui empêche les transmissions et met en danger le renouvellement des générations ;
  •     abroger la loi sur les semences du 28 novembre 2011 et la remplacer par une législation qui reconnaisse le rôle des paysans dans la sélection évolutive et conservatrice ;
  •     prendre toutes les mesures pour interdire les OGM sur le territoire français, de façon à protéger les pollinisateurs, les semences paysannes et les consommateurs ;
  •     défendre résolument une Politique Agricole Commune verte et solidaire, où toutes les aides inciteront au respect de l'environnement (avec des montants progressifs en fonction des pratiques) et à l'emploi agricole, et ne favoriseront pas des exportations portant préjudice aux paysans du Sud ;
  •     consacrer une part importante de "l'aide publique au développement" au soutien à l'agriculture familiale et biologique des pays du Sud ;
  •     créer, maintenir et renforcer des outils de gestion et de régulation des marchés agricoles, et lutter activement contre la spéculation sur les produits agricoles et alimentaires.
Les outils et dispositifs qui permettront d'atteindre 20 % des surfaces françaises en agriculture biologique sont les mêmes que ceux qui aideront l'ensemble des agriculteurs français à évoluer vers une meilleure intégration de l'environnement et de l'emploi rural… et qui aideront les paysanneries des pays en développement à construire leur nécessaire et urgente souveraineté alimentaire.

Mesdames les candidates, messieurs les candidats, à vous de choisir : maintenir une politique agricole archaïque et néfaste à l'environnement, à la santé et au tissu rural (en France comme dans les pays du Sud), ou faire le choix de l'agriculture du XXIe siècle."


Jacques Caplat (Agir pour l'environnement) ; Pierre Rabhi (paysan et écrivain) ; Jean-Jacques Boutrou (directeur général d'Agronomes et vétérinaires sans frontières) ; Marie-Paule Jammet et Jean Huet (co-présidents de la fédération Artisans du monde) ; Hugues Toussaint (président de Bio consom'acteurs) ; Bob Brac de la Perrière (coordinateur de BEDE) ; Xavier Bonvoisin (président de Chrétiens dans le monde rural) ; Cyril Dion (coordinateur du mouvement Colibris) ; Yves Berthelot (président du Comité français pour la solidarité internationale) ; Philippe Colin (porte-parole de la Confédération paysanne) ; Jo Hervé (président d'Eau et rivières de Bretagne) ; Jacques Maret (association Ecologie, démocratie, développement durable) ; Xavier Poux (administrateur de l'European Forum on Nature Conservation and Pastoralism) ; Dominique Marion (président de la Fédération nationale d'agriculture biologique) ; Didier Lorioux (président de la FNCIVAM) ; Yann Arthus-Bertrand (président de la Fondation GoodPlanet) ; François Veillerette (porte-parole de Générations futures) ; Allain Bougrain-Dubourg (président de la Ligue pour la protection des oiseaux) ; Jean-Michel Florin (coordinateur du Mouvement de l'agriculture biodynamique) ; Jérôme Dehondt (porte-parole du Mouvement interrégional des AMAP) ; Richard Marietta (président de Nature & Progrès) ; Jean-Paul Sornay (président de Peuples solidaires / Action Aid) ; Sandrine Mathy (présidente du Réseau action climat – France) ; Jacques Morineau (président du Réseau agriculture durable) ; Claude Gruffat (président du réseau Biocoop) ; Armina Knibbe (présidente du réseau Cohérence) ; Patrick de Kochko (coordinateur du Réseau semences paysannes) ; Jacques Berthelot (association Solidarité) ; Sjoerd Wartena (président de Terre de liens) ; Olivier Belval (président de l'Union nationale de l'apiculture française) ; Isabelle Autissier et Serge Orru (présidente et directeur général du WWF-France).

mercredi 29 février 2012

Lassitude passagère

Amis lecteurs, vous l'aurez remarqué, ou pas (en effet ce serait faire montre d'une prétention sans borne que d'estimer avoir des lecteurs fidèles, néanmoins vous êtes de plus en plus nombreux, merci), un seul billet en février, ça craint du boudin.
C'est pas faute d'actualité, loin de là. J'aurais pu parler de Guéant et de ses civilisations qui ne se valent pas. De Morano qui fonce sur les piétons et défonce les politiciennes qu'elles jugent peu gâtées par la nature. De Vanneste et ses récidives homophobes. De Sarkozy qui repart en campagne comme en 40, enfin comme en 2007, visitant les mêmes usines, escomptant séduire à nouveau des ouvriers médusés avec des promesses copiées/collées et de l'empathie feinte.

Mais vous aurez déjà lu et relu tout ça dans votre journal. Entendu et ré-entendu la valse des commentaires, petites phrases et interviews sur les ondes radiophoniques. Twitté et re-twitté. Dans tous les cas, vous n'aurez pas échappé au spectacle de magie du 15 février : le Président-Candidat se transformant en Candidat-Président en direct sur toutes les chaînes de la nouvelle ORTF.
Pas la peine de vous en rebattre les oreilles, hein ? Vos oreilles de pigeon, j'entends.

Le fait est que je ne me suis pas senti traversé par l'impérieuse nécessité de réagir. Il y a des périodes comme ça où tout ne va pas pour le mieux, où tout part en c..., même son indignation. La lassitude, liée à l'hiver finissant peut-être. Ou à une campagne qu'on croirait durer depuis une éternité. Une campagne inutile en somme, puisque nos rêves de mieux, d'autre, d'ailleurs, sont cadenassés par le froid pragmatisme qui leur sert de geôlier. Une campagne qui mènera de toute façon à voter utile, pour ce qui parait plus humain, plus normal, plus juste et contre ce qui s'est avéré et s’avérera encore individualiste, égotiste, inique.

Une nouveauté musicale qui transcrit bien l'humeur de fond, à la fois par la mélodie et les paroles.
Cabadzi, Lâchons les, sur l'album Digère et recrache (L'Autre Distribution)

Voilà pour l'abattement du citoyen, l'usure du poor lonesome cowboy, la fatigue de l'ever smiling man.
Pour le reste on aura bien fait la fête en février (on a vu Superman, trinqué à Rosa Bonheur, fêté joyeusement un anniv), bien ri (Baptiste Lecaplain, Louis-José Houde), bien kiffé sa race au son de The Jim Jones Revue et de Concrete Knives, bien couru, et même bien travaillé !
Bref, même sans la folle effervescence, la surréaliste bonne humeur, l'irrémédiable enthousiasme de janvier, on a maintenu le cap. C'est une avancée majeure.
Et les beaux jours arrivent... :-)

dimanche 5 février 2012

France rocks !

Mesdames, Messieurs, 

Le rock français se porte bien !
 
Les styles fusionnent, les groupes foisonnent. Et leurs riffs de guitare, la rythmique des batteries et les lignes de basse mettent du baume au coeur, le sourire aux lèvres et des frissons le long de l'échine !
Entendus sur les ondes ces derniers jours, les morceaux ci-dessous illustrent à merveille ce dynamisme ! Une émulation constatée depuis quelques années sur les diverses scènes françaises, et qui porte ses fruits. De plus en plus de groupes percent et gagnent une audience plus large :

Skip The Use rompt avec son habituel rock funky, électro et énervé pour nous offrir une ballade : Time is running out.








Shaka Ponk ou l'OVNI de l'électro-rock français ! Un mix tous azimuts de courants musicaux et de langues pour des tubes incroyablement efficaces !

 
Avec les Normands de The Lanskies, non le punk n'est pas mort ! Réjouissant !


 
Les Stuck in the Sound nous reviennent avec un 3ème album, et le single est puissamment entêtant et entraînant !


 

La musique en live est le meilleur antidote que je connaisse contre la morosité qui s'abat parfois sur nous par surprise (un froid vendredi soir de février souvent). Dans ces cas-là, rien de mieux que d'aller en concert écouter les artistes que vous aimez ou mieux, d'oser la découverte. Parfois (souvent !) on tombe sur des pépites en 1ère partie !


Trois exemples, et que du très bon :
 
Quadricolor, de la pop raffinée, vu en 1ère partie de Deportivo à La Clef de Saint Germain en Laye en mars 2011 : Le Myspace

 
Blackfeet Revolution, épatant et énergique duo guitare / batterie, vu en 1ère partie des furieux de The Jim Jones Revue, toujours à Saint Germain, ce dernier vendredi ! Le Myspace

 
The Tatianas, vus aussi en 1ère partie de Deportivo en octobre 2011 à Fresnes : attention grosse claque ! Un chanteur avec une vraie présence et des mélodies dans la lignée de celles des Libertines pour une prestation scénique bluffante et emballante ! Le Myspace

lundi 30 janvier 2012

Goûtons un monde meilleur

La question de l'alimentation est l'un des sujets récurrents de ce blog, et à raison : il s'agit d'un enjeu central du mode de fonctionnement durable et responsable qu'il est nécessaire d'adopter à court terme pour sauvegarder notre environnement, notre santé et notre qualité de vie.
A ce titre, L'Utopie Destituée relaye la mise en place d'une plateforme d'information et d'échange liée à ce thème : Goûtons un monde meilleur.

 
Cinq partenaires s'allient pour une même cause : promouvoir une alimentation respectueuse de la nature et des hommes. Une campagne nationale a été lancée en novembre dernier autour de WWF France, CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale), Max Havelaar France, Slow Food, et RES (Réseau Environnement Santé). 

Le site internet qui résulte de cette initiative, www.goutons-un-monde-meilleur.fr, donne accès à de multiples informations intéressantes sur les principes de base d’une alimentation responsable et à des solutions concrètes et faciles pour y parvenir : consommer local et équitable, acheter de saison et bio, diversifier ses repas, ajuster ses apports en protéines, réduire le gaspillage et décrypter les étiquettes.
Un conso-guide, Mieux manger en 6 gestes, est même téléchargeable à la rubrique Agir.

Go, on clique !

lundi 23 janvier 2012

Cap vers l'Humanisme !

Amis, l'heure est au changement ! Pour rompre avec l'égoïsme, l'urgence, la cupidité, qui mènent notre société dans le mur, je me fais l'apôtre de l'apaisement : il faut ériger en doctrine absolue la bienveillance, l'optimisme, l'altruisme.
 
Ces derniers mois j'ai redécouvert, ou découvert tout court d'ailleurs, le pouvoir de la gentillesse. Souriez aux gens, ils vous renverront ce sourire. Affichez la bonne humeur sur vos traits, elle se répandra indubitablement. Donnez à la vie, elle vous le rendra. Essayez, c'est assez fabuleux comme l'effet est perceptible, comme il vous rend heureux, et les autres autour de vous.

 
Il ne s'agit pas d'être naïf, benêt. Il s'agit de transformer la connotation habituellement négative des valeurs de combat et de compétition du monde moderne libéral en connotation positive. En faire des outils pour atteindre la justice, l'équilibre, la sérénité. Lutter pour que l'Espoir demeure.

 
Étendu à tous les aspects de notre vie (économique, social, environnemental, culturel, éducatif), cet idéal nous permettra de réduire les inégalités, préserver notre cadre de vie, vivre mieux les uns avec les autres, être plus riche de nos différences, avancer en accord avec nos aspirations profondes, évoluer en symbiose et non plus déconnectés de la terre, de l'eau et de l'air dont nous sommes les héritiers.

 
Un apôtre a son prophète : écoutez les propos de Pierre Rabhi, déjà évoqué ici. Ils sont simples, ils vont droit au but. Et ils sont enveloppés de douceur. Amis, instituons la douceur en figure de proue. Elle nous mènera loin, mieux et plus longtemps.



mercredi 18 janvier 2012

Bis repetita non placent

Un début d'année souriant du point de vue personnel, mais laborieux blogamment parlant... Alors ce premier billet de 2012 sera sans prétention, si tant est que les précédents en fussent pourvus.
Moins de 100 jours avant que ne se profile la prochaine élection présidentielle. Le cap fatidique est dépassé : l'évènement tant attendu ou tant redouté, c'est selon, sera à notre porte pour ainsi dire demain.
Les sondages s'égrènent comme des chapelets, sans que ces néo-prières médiatico-mystificatrices ne nous aident à reconnaître le saint auquel se vouer parmi les prophètes auto-déclarés.

2007 / 2012, l'histoire semble se répéter. 5 années.

1 crise financière aux répercussions infinies qui augure de lendemains économiquement peu glorieux pour la France, puissance dégradée.

10 révolutions arabes.

100 millions d'iPhone vendus.

Mais rien ne change en France sur la question de notre représentation. Ces cinq années et leurs multiples bouleversement n'ont pas d'impact sur les candidats à la présidentielle 2012, et les fausses solutions qu'ils nous proposent.

Nous aurons donc, au printemps, le choix entre :
  • Ségolène Royal, enfin non, son ex, François Hollande.
  • Jean-Marie Le Pen, enfin non, sa fille, Marine Le Pen.
  • Nicolas Sarkozy, enfin non, son fantôme, qui hante nos cauchemars les plus effrayants.
  • François Bayrou, enfin non, le Phénix béarnais, qui renaît de ses cendres après s'être invraisemblablement envolé en fumée post 2007.
  • Eva Joly, enfin non, une candidate hors norme et hors code, à la fois jouet et poil à gratter d'EELV, prête à être sacrifiée par son parti sur l'autel de la Sacrée représentation parlementaire.
On ose à peine y croire. Les mêmes postulants au leadership excessif d'un système vicié, insuffisamment démocratique, dont les pouvoirs sont insuffisamment séparés et les représentants insuffisamment renouvelés (jeunes, femmes et citoyens "issus de la diversité" manquent singulièrement à l'appel).
Des caciques de partis par trop institutionnalisés, qui ont la suffisance de se (re)présenter au suffrage de la nation.

L'expression à la mode, c'est "être acteur du changement". Soit. Alors qu'avons-nous raté au cours de ces 5 ans pour en être au même point aujourd'hui qu'hier. Nous aurait-il fallu taper du poing sur la table, exiger un changement profond du système consultatif, promouvoir l'esprit participatif des citoyens. Est-que cela marcherait, si nous étions tous candidats, comme nous y invite le mouvement colibris ?

Les Indignés français, cousins timides des Indignados espagnols, ont essayé de se faire entendre, mais nous ne les avons pas écoutés. Nous les avons regardés agiter les bras, bouger les lèvres, comme des sourds et muets, mais le message n'est pas passé. Un message trop confus ? Pas assez relayé ? Étouffé par les CRS (Les indignés de la Défense déposent une plainte) ? Adressé à un public déjà résigné ?

Y a t il quelque chose d'autre à faire ? Mon humeur vous aura probablement paru fataliste. La fatigue des longs déplacements à travers nos provinces, sûrement. Et je n'ai pas de réponses toutes faites à cette question.

Pourtant oui, nous devons agir. Espérer. Militer. Converger. Bouleverser.

Au moins pour qu'au soir du 22 avril 2012, des deux maux que vous identifierez sans mal, nous n'ayons pas à fuir.